Le vrai Moyen Âge, au-delà des idées reçues, sous la direction de Nicolas Weill-Parot et Véronique Sales

Il n’est jamais trop tard pour prendre de bonnes résolutions, même si la nouvelle année est maintenant bien avancée. Malgré tout, engageons-nous à ne plus renvoyer une idée déplaisante, un personnage hideux, un film monstrueux, un livre abscons ou un homme politique tyrannique vers ce que nous appelons avec dédain le « Moyen Âge ».
On sait depuis longtemps ce que contient d’arbitraire le découpage des âges de l’histoire du monde, destiné à montrer l’ascension irrésistible de l’humanité vers toujours plus de progrès et d’intelligence. On sait aussi le travail remarquable effectué par des historiens sérieux pour remettre les pendules à l’heure.
Profitant des dernières découvertes, le livre collectif, dirigé par Nicolas Weill-Parot et Véronique Sales, se destine, selon son titre, à faire émerger « le vrai visage du Moyen Âge, au-delà des idées reçues ».
Le moins que l’on puisse dire est que le pari est réussi. Cette réussite tient à la science des intervenants (Colette Beaune, Philippe Contamine ou André Vauchez, par exemple). Mais elle est déterminée également par la structure du livre. Pour chaque thème abordé, un spécialiste répond à des questions, ce qui permet de préciser le sujet ou de le mettre en parallèle avec d’autres thématiques. L’ouvrage d’ailleurs ne se contente pas de mettre à mal certains clichés, il évite aussi de jeter un regard « romantique » sur la période abordée tout en ouvrant des perspectives nouvelles, peu connues du public (l’idée de France à l’ère médiévale, par exemple).
Bonne illustration de la démarche et de son résultat : le chapitre consacré à la sorcellerie. Nicolas Weill-Parot y renverse nombre d’idées reçues et en vient à montrer le remarquable travail effectué par la scolastique, par ailleurs si décriée. Il note ainsi « l’effort remarquable de rationalisation qui est au cœur de la science scolastique ».
On ressort de cette lecture avec une autre perception de cette époque dont on se dit que, décidément, son appellation la plus courante, est vraiment très… moyenne.

Philippe Maxence

Le vrai Moyen Âge, au-delà des idées reçues, sous la direction de Nicolas Weill-Parot et Véronique Sales, Vendémiaire, 2017, 416 pages, 25 €.

© LA NEF n°300 Février 2018

À propos Philippe Maxence

Philippe Maxence
Écrivain, directeur de L’Homme Nouveau, président-fondateur de l’Association des Amis de Chesterton, chroniqueur littéraire de La Nef, il est l’auteur notamment de Irlande 2016 : le printemps d’une insurrection (Via Romana, 2015), Chesterton face à l’islam (Via Romana, 2014), Maximilien Kolbe (Perrin, 2011), Baden Powel (Perrin, 2003, rééd. Tempus, 2016).