À l’église Saint-Roch à Paris, le 8 février 2025 se tiendra une journée de conférences dédiée aux artistes afin de les rassembler autour de Fra Angelico. Lorsque Pierre Henri-Rousseau, à l’origine de cette initiative, découvre que Fra Angelico est saint et qu’il est le saint patron des artistes, il le reçoit comme un cadeau inouï dans lequel, peintre d’art sacré, il puise quotidiennement.
En choisissant un seul saint patron pour tous les artistes, saint Jean-Paul II montre que les arts communient. S’ils utilisent des moyens différents, ils puisent et vont à la même source et doivent transmettre ce que l’homme a contemplé. L’artiste ne doit pas se transmettre soi-même : si le style lui est personnel, ancré dans une époque et une culture, la foi transmise doit rester universelle.
Fra Angelico, ou déjà Beato Angelico pour ses contemporains du Quattrocento, incarne cet équilibre extraordinaire entre humilité et fougue artistique : loin de faire tabula rasa de l’art médiéval, il y reste fidèle tout en utilisant les techniques les plus innovantes : nouvelles perspectives, lumière naturelle, réalisme extraordinaire des carnations. Mais la technique n’est pas chez lui exercice de style, elle se soumet toujours plus au mystère que soulignent les paradoxes : la lumière naturelle révèle une présence surnaturelle, le réalisme des corps rend quelque chose d’angélique qui lui a valu son surnom, Angelico, etc.
Les chrétiens qui choisissent d’embrasser leur vocation d’artiste peuvent souffrir d’une solitude double aujourd’hui : d’abord une solitude sociale puisque le métier d’artiste est mal pris au sérieux, surtout dans ses débuts et, ensuite, plus difficile, une solitude artistique. Comment demeurer artiste chrétien quand l’art est soutenu par une idéologie qui, en décorrélant l’art de l’artisanat et en privant la représentation de l’incarnation, l’éloigne de la source de la beauté : Dieu ?
Aujourd’hui, – et c’était hier – l’homme meurt de soif dit Saint-Exupéry ; « il faut absolument parler aux hommes. » Pour cela, « nous avons besoin de vous, dit Paul VI en 1964 aux artistes. Notre ministère est celui de prêcher et de rendre accessible et compréhensible, et même émouvant, le monde de l’esprit, de l’invisible, de l’ineffable, de Dieu. Et dans cette opération… vous êtes des maîtres ». Alors, artistes, venez le 8 février et faites « pleuvoir sur [nous] quelque chose qui ressemble à un chant grégorien » !
Constance de Vergennes
Inscriptions 2026 : https://www.billetweb.fr/journee-fra-angelico-2026
© LANEF n°376 janvier 2025, mis en ligne le 6 janvier 2026
La Nef Journal catholique indépendant