Lectures Décembre 2025

LES DEUX OCCIDENTS
MATHIEU BOCK-CÔTÉLa Cité, 2025, 288 pages, 22 €

Après la chute du communisme en URSS, la mondialisation heureuse qui s’annonçait devait sonner la fin de l’histoire, le modèle libéral diversitaire allait s’imposer partout de lui-même. La réalité, néanmoins, a été toute autre, les peuples ont résisté à cette évolution pensée par des élites hors sol, et le développement d’internet et des réseaux sociaux a permis l’émergence d’une information alternative au narratif officiel. Ce basculement que nous vivons est l’objet de cet excellent essai vif et puissant, passionnant à lire. Après avoir montré que la victoire de Donald Trump, malgré le côté extravagant du personnage, s’inscrivait dans un mouvement de fond, M. Bock-Côté analyse la réaction des sociétés européennes qui, effrayées devant les vagues populistes, mettent en place, au nom de l’État de droit, un système répressif visant à contenir les aspirations profondes des peuples. Face à cela, se dresse la pensée libertarienne, peu connue en France, sur laquelle l’auteur s’arrête longuement. Si l’on comprend la nécessité de combattre un État de plus en plus tentaculaire, on sera plus circonspect sur certains aspects de cette pensée hyper libérale qui plonge loin ses racines, comme le montre M. Bock-Côté. Les post-libéraux américains, sur lesquels il s’arrête ensuite, nous semblent représenter une analyse à la fois plus crédible et davantage conforme à l’enseignement de l’Église – nombre de ces penseurs sont catholiques. L’ouvrage se termine par la question lancinante de l’immigration, véritable déni des élites. Ainsi se trouve-t-on dé­sormais face à deux interprétations radicalement différentes de la démocratie, comme l’illustre l’actuelle opposition entre les deux rives de l’Atlantique, les « deux Occidents » ! Une lecture vivifiante et très éclairante que nous recommandons.

Christophe Geffroy

POPULICIDE
PHILIPPE DE VILLIERS
Fayard, 2025, 388 pages, 21,90 €

« Quand on tue un homme, cela s’appelle un homicide. Quand on tue un peuple, cela s’appelle un populicide. Nous y sommes et on nous le cache. » Ce constat vise évidemment la France à laquelle l’auteur de cet ouvrage n’a jamais cessé de montrer son attachement, fondé sur une culture dont il maîtrise tous les ressorts identitaires tout en déplorant avec une rare lucidité la menace existentielle actuelle qui pourrait l’anéantir. C’est donc pour relever ce défi et mettre les Français face à leur responsabilité qu’il a décidé d’écrire « ce livre-testament », comme il le confie dans les premières pages.
Mais Philippe de Villiers a clairement conscience que la France n’est pas la première victime d’un déclin au redressement duquel il entend contribuer. C’est pourquoi, animé par un utile souci pédagogique, il retrace, dans un chapitre intitulé « Comment meurent les peuples ? », les circonstances historiques qui ont conduit à l’effondrement de civilisations pourtant brillantes (la Perse, Byzance, Carthage, Rome, l’Espagne). Par-delà la diversité des situations, il existe « une même loi de gravitation », observe-t-il : « Dès qu’il néglige son récit fondateur et qu’il répond aux convoitises extérieures par l’insouciance, le peuple est comme aspiré par le vide. »
Ce principe s’applique donc aujourd’hui à la France qui vit « une sorte de suicide civilisationnel » entamé lors de la Révolution de 1789 et aggravé par l’aveuglement de la classe politique française sur les évolutions consécutives à l’émergence d’une Europe supranationale et fédérale, mais aussi vassale de l’Amérique et asservie par la Chine, privée de son identité chrétienne, déculturée et piégée par ses relations ambiguës avec la Turquie.
Villiers s’interroge sur l’incapacité de la République et de l’Europe à saisir les réalités propres à l’islam. Il souligne l’invention par les bureaucraties européennes d’un « concept révolutionnaire » : « l’accommodement mutuel » entre les immigrés et les résidents des États membres. En optant pour l’intégration à la place de l’assimilation, l’Europe met en place une « stratégie de l’étouffoir ». C’est pourquoi la France doit récupérer sa souveraineté face à l’Union européenne.
La situation française occupe une place centrale dans l’examen de l’auteur qui analyse de manière concrète, en s’appuyant sur de nombreux exemples, les évolutions sociales, juridiques, culturelles, linguistiques et idéologiques. L’objectif est donc de « refranciser » notre pays dans tous les secteurs constitutifs de son identité. Villiers en est convaincu, car le peuple français dispose de trois « armes de lumière » (littéraire, politique et métaphysique) qui lui permettent de « regarder la mort en face ». Un livre d’une qualité exceptionnelle, animé par la volonté et l’espérance, riche de leçons indispensables pour le monde actuel.

Annie Laurent

CE QUI NOUS FAIT HUMAIN
MARTIN STEFFENS

Salvator, 2025, 208 pages, 18,90 €

Dans cet ouvrage anthropologique, qui se veut un prolongement de la pensée de Giorgio Agamben, l’auteur se penche sur la question suivante : pourquoi toute culture définit-elle l’humain en en excluant une partie ? Comment échapper à ce geste d’exclusion, qui va à l’encontre du message de l’Évangile, qui veut que tout homme est digne d’être considéré comme tel ?
En scrutant notre culture, Steffens voit dans la technologie le critère actuel de définition de l’humain, critère discriminant qui prolonge et accentue le mouvement d’exclusion, rendant l’homme comme étranger à lui-même. Mobilisant la pensée de René Girard, il comprend que ce geste d’exclusion est bien souvent l’impensé de la culture. Or, les nations se meurent en étant à elles-mêmes leur seule référence. C’est ce qu’Agamben nomme « capture de la vie ». Mais en réalité, ceux qui sont à la marge nous appellent et nous rendent plus vivants, à condition de consentir à percevoir et désarmer le geste d’exclusion originaire. Steffens en appelle à « la poïetique de l’homme », c’est-à-dire cet émerveillement et cet accueil de la vie jusqu’à ses formes exclues. Le geste d’exclusion est humainement nécessaire (frontières, culture, etc.) mais doit être chrétiennement dépassé, car il doit laisser passer la vie. Pour cela, il faut déployer des « formes-de-vie », concept forgé par Agamben et qui correspond à un renouement avec le jaillissement originaire de la vie chrétienne : la vie franciscaine telle que l’a vécue saint François d’Assise, par exemple, ou l’hospitalité bénédictine. L’enseignement, c’est que la bonne nouvelle indique la marge comme le lieu d’où nous provient la vie.
Cette mise en perspective nous fait renouer avec le dynamisme vivant montré par le Christ dans l’Évangile : les derniers seront les premiers. C’est la dialectique des périphéries, chère au pape François : la mission de l’Église se trouve d’abord aux marges. L’enjeu est de considérer tout homme comme mon frère, au-delà de toute exclusion, fût-elle légitime. Cette réflexion a pour mérite de ré-évangéliser notre culture, qui n’est rien d’autre que « ce par quoi l’homme en tant qu’homme devient davantage homme » (saint Jean-Paul II).

Marc-Henri d’Ozouville

LE JE & LE NOUS
Une histoire de la pensée politique des origines à nos jours
FRANÇOIS HUGUENIN
Cerf, 2025, 448 pages, 25 €

La tension dialectique entre l’individu et la communauté est un axe structurant de l’histoire des idées politiques. Certaines sociétés feraient, en effet, primer la dimension collective de l’existence sur la singularité des individus, jusqu’à ne considérer ceux-ci que comme des rouages impersonnels d’un vaste projet collectif pouvant justifier toute forme de sacrifices personnels. D’autres, à l’inverse, estiment que la satisfaction infinie des revendications individuelles est l’horizon ultime d’une société ayant renoncé à proposer aux hommes un bien commun à partager et un projet collectif à mettre en œuvre. Entre ces deux écueils, l’équilibre se trouverait dans la pensée chrétienne contemporaine qui tente d’articuler l’existence d’un bien commun avec la nécessaire prise en compte de la liberté des personnes.
Telle est la thèse à partir de laquelle François Huguenin revisite l’histoire des idées politiques, en soutenant que cette tension entre le Je et le Nous serait la matrice de la pensée occidentale. Le propos est clair, l’argumentation est convaincante et les références extrêmement nombreuses. Comme toujours, Huguenin va puiser aux grands maîtres. Quand il analyse la pensée de saint Augustin, c’est Jean-Marie Salamito qu’il convoque, ce qui lui permet de dissiper tout contresens sur les prétendues visées théocratiques de l’évêque d’Hippone. De même, pour comprendre la pensée des théoriciens du contrat social (Hobbes, Locke ou Rousseau), c’est Pierre Manent qu’il cite, notamment son Histoire intellectuelle du libéralisme (1998). Il en ressort un ouvrage extrêmement pédagogique, à la lecture facile, qui articule subtilement la pensée de chacun des auteurs autour de la dialectique entre l’individu et la société, ce qui en fait un produit original, à mi-chemin entre un manuel universitaire et un essai philosophique. De Platon à Ratzinger, en passant par tous les plus grands représentants de la pensée classique et moderne, le fil rouge est parfaitement tenu.
À la lecture de l’ouvrage, on se rend compte qu’en l’absence de conception chrétienne du bien commun, le Je et le Nous évoluent de manière dialectique et idolâtre car ils ont perdu le cadre qui les maintenait ensemble dans l’harmonie du souverain bien.

Benoît Dumoulin

UN AUTRE ROUSSEAU
ALAIN DE BENOIST
Fayard, 2025, 304 pages, 23,90 €

Nous connaissions le docteur Jean-Jacques. Alain de Benoist nous présente Mister Rousseau. Nous connaissions le penseur des Lumières, Alain de Benoist nous présente leur premier opposant. Nous connaissions l’idéologue qui revendiquait : « Commençons par écarter les faits », et cet essai nous propose de redécouvrir une philosophie riche, construite et scrupuleuse.
Le dernier essai du chef de file de la Nouvelle Droite poursuit une ambitieuse entreprise : revisiter l’œuvre de Rousseau, cet OVNI du XVIIIe siècle qui, en pleine époque d’idolâtrie du progrès, criait à la décadence, critiquait l’universalisme, le progrès technique et le culte de la raison.
Alain de Benoist montre que les détracteurs de Rousseau ont souvent mal compris le philosophe et même, pour beaucoup, n’auraient presque pas cherché à le comprendre. Ce livre effectue plusieurs travaux en un ; d’abord une sorte de réhabilitation – tempérée – de la pensée rousseauiste, ensuite une généalogie de l’anti-rousseauisme : monarchistes du XVIIIe siècle, libéraux du XIXe, nationalistes du XXe… tous ont mis un point d’honneur à faire de Rousseau un grand ennemi. Une partie importante de l’ouvrage est consacrée à la critique que des nationalistes (en particulier Maurras et Barrès) faisaient du penseur… sans se rendre compte que leur propre vision politique devait beaucoup à l’auteur du Contrat Social ! Reconnaissons tout de même que certaines critiques venant de l’Action française sonnent juste, notamment lorsque ses membres faisaient de Rousseau l’ancêtre du totalitarisme étatique dont ils assistaient à la naissance, dans l’entre-deux-guerres.
L’auteur le reconnaît lui-même : « Que le système de Rousseau et celui des droites françaises se contredisent à angle droit sur de nombreux points n’est pas discutable. » Mais quitte à détester Rousseau, faisons-le pour de bonnes raisons.

Robin Nitot

NOUVELLE HISTOIRE DU CONCILE VATICAN II
YVES CHIRON

Artège, 2025, 324 pages, 22,90 €

Si tout catholique a forcément entendu parler du concile Vatican II (1962-1965), référence incontournable dans l’Église, peu, sans doute, en connaissent le déroulement et le contenu. Pour ceux, donc, qui voudraient en savoir plus, ce livre d’Yves Chiron est tout indiqué. Il explique chronologiquement l’origine du concile, son déroulement session par session, décrit les forces en présence, les débats qui ont animé et parfois divisé les pères conciliaires. Et il le fait dans le style sobre et clair qui est le sien, en exposant les faits avec une scrupuleuse honnêteté. Ainsi découvre-t-on, au fil de la lecture, ce qu’a été ce concile, du coup d’éclat du cardinal Liénart au tout début, qui parvient à faire rejeter les schémas tout faits préparés par les commissions romaines, aux débats mouvementés sur la collégialité, la liberté religieuse ou sur les rapports avec les autres religions, en passant par les questions controversées surgies après le concile comme celle concernant son caractère « pastoral » qui en annulerait l’aspect « doctrinal ». Un ouvrage accessible sur une question clé.

Christophe Geffroy

LA MISSION DE L’APÔTRE PIERRE
Mt 16, 17-19 à la lumière de l’intertextualité biblique
ALBAN CRAS

Cerf, Lectio divina n°287, 2025, 624 pages, 39 €

Peu de paroles ont autant changé le cours de l’histoire que ces quelques mots adressés par Jésus à Simon, le pêcheur de Galilée : « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église » ; en trois petits versets (Mt 16, 17-19) répondant à la profession de foi du futur Prince des Apôtres à Césarée, le Christ dévoile le mystère de l’Église, et y associe Pierre de façon si intrinsèque que vraiment on peut affirmer ubi Petrus, ibi Ecclesia.
Au long de ses 600 pages, l’ouvrage de l’abbé Cras, issu de sa thèse de doctorat en exégèse, étudie en profondeur ces quelques paroles de Jésus à la lumière de l’intertextualité biblique, c’est-à-dire, en les replaçant dans leur référentiel vétérotestamentaire ; une lecture juive tout simplement ! Le résultat est magnifique : « Ce n’est pas l’autopsie d’un cadavre, c’est le fonctionnement d’un corps vivant » (p. 251). Sous la plume de notre auteur la figure de Pierre devient « symphonique » : selon lui, en effet, le personnage de Pierre fait écho à Abraham, Jacob, Moïse, Aaron, Josué, David, Élisée, Jonas mais aussi Samson et Elyaqim ; Pierre les rend mystérieusement présents et donne un accomplissement aux promesses divines dont ils étaient porteurs. Cet immense héritage confère une grande densité à la personne de Pierre, et permet de mieux comprendre l’ampleur du rôle à lui confié par Jésus. Et notre auteur de conclure : « il nous semble possible d’affirmer, sur la base des Évangiles, que Jésus a voulu faire de Pierre son représentant comme grand prêtre de la nouvelle alliance » (p. 546).
L’ouvrage est précis comme doit l’être une thèse ; une connaissance basique de l’hébreu et du grec sera utile sans être indispensable, mais il n’y a rien de desséchant dans ces pages, au contraire, l’auteur profite de cette étude, pour nous livrer une somme passionnante sur Pierre, une véritable « pétrologie ». L’abbé Cras a le talent, sans renoncer à la rigueur scientifique et aux meilleurs apports des études historico-critiques, de refonder la théologie pétrinienne sur l’Écriture Sainte et de donner du goût à sa fréquentation.
On sort de cette lecture émerveillé par la figure de Pierre et sa fragilité qui fait resplendir l’œuvre solidifiante de la grâce en lui, et renforcé dans la conviction qu’en faisant de lui et de ses successeurs « un principe et un fondement perpétuels et visibles d’unité de foi et de communion » (formule de Pastor aeternus reprise dans Lumen gentium 18), l’Église catholique se tient fidèle à la volonté de Jésus.

Père Emmanuel Roberge

JEAN BORELLA POUR TOUS
Introduction à son œuvre
BRUNO BERARD ET PAUL DUCAY (Dir.)
L’Harmattan, 2025, 252 pages, 27 €

Né en 1930 à Nancy, Borella fut initié au néoplatonisme et aux pensées orientales, nourri de Platon et des Pères de l’Église, confronté à des influences aussi diverses que celles de Guénon ou Ricœur, avant de consacrer toute sa vie à l’enseignement de la métaphysique. Marqué par la crise contemporaine du religieux (dans l’Église et en dehors), il élabore une pensée originale qui cherche à réhabiliter le symbole comme lien vivant entre le monde visible et l’invisible, entre la chair et le Verbe.
Refusant le divorce moderne entre raison et foi, entre le visible et l’invisible, il s’attache à réhabiliter le symbole dans sa pleine profondeur : loin d’être une fiction, le symbole manifeste une union vivante entre le sensible et l’intelligible, entre la chair et le Verbe. Cette intuition, née d’un étonnement face au scepticisme suscité en 1950 par la proclamation du dogme de l’Assomption, oriente toute sa réflexion. Il dénonce avec lucidité l’appauvrissement de l’homme moderne, délié de toute tradition vivante, coupé du sacré, livré à l’arbitraire culturel et aux idéologies, et propose une purification par un retour au réalisme du symbole, une véritable réforme de la mentalité, visant à rouvrir l’intelligence à la transcendance. Sa pensée s’enracine dans l’expérience spirituelle chrétienne : liturgie, prière, charité – autant de lieux où le symbole devient participation réelle au mystère de Dieu.
Cet ouvrage collectif, à l’occasion de ses 95 ans, fait découvrir les grands axes de sa pensée : l’unité du réel et du symbolique (La Crise du symbolisme religieux), la vocation surnaturelle de l’homme (Le Sens du surnaturel), ou encore la réconciliation de la vérité et de la charité (Amour et Vérité).

Abbé Paul Roy

PIERRE GOURSAT
Francis Kohn

Emmanuel, 2025, 490 pages, 25 €

Écrit par le postulateur de la cause en béatification de Pierre Goursat, ce livre, émaillé de nombreux témoignages, permet de découvrir plus intimement le fondateur de la Communauté de l’Emmanuel. Pierre Goursat (1914-1991), après une enfance difficile, vécut une profonde conversion à l’âge de 19 ans, alors qu’il était soigné pour une tuberculose. Durant la Seconde Guerre mondiale, il rencontre le cardinal Suhard, archevêque de Paris, qui est devenu son conseiller spirituel. Il a également travaillé à cette époque dans le monde de la culture, notamment dans l’édition et le cinéma ; il a été secrétaire général de l’Office catholique français du cinéma. En 1972, après avoir découvert le Renouveau charismatique qui avait émergé aux États-Unis, il crée avec Martine Lafitte un groupe de prière qui connut une croissance rapide. Il fonde alors la Communauté de l’Emmanuel, basée sur une spiritualité centrée sur l’adoration eucharistique, l’évangélisation et l’engagement missionnaire, tout en restant fidèle à l’enseignement de l’Église.
On découvre en toile de fond les soubresauts de l’Église de France après le concile, ainsi que les rivalités des mouvements charismatiques. Ce livre passionnant dresse le portrait d’un homme aussi infatigable que discret, tout donné à sa mission et qui fut déclaré vénérable par le pape François en 2024.

Anne-Françoise Thès

ROMAN

RAPPELLE-TOI
HARLAN COBEN
Belfond, 2025, 400 pages, 23 €

Jeune étudiant américain, Sami Kierce se donne du bon temps en Espagne, où il rencontre Anna, avec laquelle il a une aventure passionnée. Un matin, il se réveille avec un couteau en sang dans la main et le corps inanimé d’Anna à côté de lui. Pris de panique, se demandant ce qu’il a fait, il s’enfuit et rentre en Amérique. Vingt-deux ans plus tard, ancien policier raté qui donne des cours à un groupe d’apprentis détectives, il revoit Anna qui entre dans sa salle de classe, puis s’enfuit. Déterminé à percer cet incroyable mystère, Sami, aidé de ses élèves détectives, se lance sur les traces d’Anna pour comprendre enfin ce qui est arrivé une certaine nuit vingt-deux ans plus tôt. Avec son habituel talent, Harlan Coben nous prend par la main d’emblée dans une histoire haletante, sans temps mort aucun, pour dérouler devant nous un incroyable scénario fort bien ficelé. Détente 100 % garantie.

Simon Walter

© LA NEF n°386 Décembre 2025, mis en ligne le 6 janvier 2026