Le cardinal Robert Sarah © La Nef

Cardinal Sarah : La beauté et la mission du prêtre

Intégralité de la version française de l’intervention du Cardinal Robert Sarah lors de la troisième conférence internationale du clergé à Rome, prononcée le 15 janvier 2025 et publiée intégralement en anglais par The Catholic Herald

Chers Frères dans le sacerdoce de Jésus-Christ,

Comme je l’ai dit dans mon homélie au cours de la Sainte Messe, c’est un grand privilège et une joie d’être avec vous. Vous avez fait l’effort de venir à Rome en pèlerinage en cette année jubilaire depuis vos différents apostolats à travers le monde. Je vous remercie. Merci d’être venus partager la fraternité sacerdotale qu’offre cette conférence – puisse-t-elle vraiment vous construire et vous fortifier. Merci d’être venus sur les tombes des apôtres Pierre et Paul, qui sont le cœur même de cette Ville – que vos prières devant elles vous fortifient dans votre vocation de ministres du Christ et d’intendants des mystères de Dieu (1 Co 4, 1). Que ce temps de grâce particulier vous confirme dans la foi qui nous vient des Apôtres, dont nous avons la joie de vivre et que nous avons le devoir solennel d’enseigner, intacte et inaltérée.

Je suis très reconnaissant de l’invitation qui m’a été faite de parler de la beauté et de la mission du prêtre. Il y a beaucoup de choses laides et mauvaises dans notre monde, et parfois même dans l’Église, et il est facile, même pour les prêtres, de se décourager et de déprimer. Et pourtant, chers frères, vous souvenez-vous de la beauté de votre première offrande de la Sainte Messe ? Vous souvenez-vous de l’émotion, peut-être aussi des larmes, qu’elle a provoquées ? Notre première Messe remonte peut-être à de nombreuses années, mais la beauté de l’offrande du Saint Sacrifice est la même aujourd’hui et chaque jour ! La beauté de notre vocation dans notre configuration particulière avec Jésus-Christ, la beauté de notre ministère et la beauté de notre témoignage en Le portant aux autres et en portant les autres au Seigneur restent inaltérées – même si nous sommes plus âgés, fatigués ou découragés. Mes frères, j’espère que le temps que nous passons ensemble ce soir vous encouragera et servira d’une certaine manière à vous renouveler dans votre vocation, car les prêtres sont indispensables à l’Église fondée par Jésus-Christ. Notre Seigneur a grand besoin de chacun d’entre nous, chers Pères !

Qu’est-ce que la beauté ?

Nous vivons une époque marquée par le subjectivisme et le relativisme, et à cette époque, toute réponse à la question « Qu’est-ce que la beauté ? » risque de susciter chez beaucoup de nos contemporains la réponse suivante : « Cela dépend de vos goûts ou de vos préférences ». Un tel subjectivisme vide la beauté de tout contenu objectif : il rend tous les goûts et tous les désirs – même ceux que la société considérait autrefois comme tout à fait détestables – également acceptables.

Le philosophe anglais Roger Scruton (1944-2020) réfute énergiquement cette idée. « Imaginer que nous puissions… considérer la beauté comme rien de plus qu’une préférence subjective ou une source de plaisir passager, c’est méconnaître la profondeur à laquelle la raison et la valeur pénètrent nos vies ». Scruton poursuit :

C’est ne pas voir que, pour un être libre, il existe un sentiment juste, une expérience juste et une jouissance juste tout autant qu’une action juste. Le jugement de beauté ordonne les émotions et les désirs de ceux qui le portent. Il peut exprimer leur plaisir et leur goût, mais c’est le plaisir de ce qu’ils estiment et goûtent comme leurs véritables idéaux. (Beauty : A Very Short Introduction, Oxford, 2011, pp. 163-164)

Prenons ce raisonnement philosophique sain et appliquons-le à la sphère théologique.

En tant que catholiques, nous considérons que Jésus-Christ est la Révélation définitive de Dieu dans l’histoire de l’humanité et que son enseignement, fidèlement transmis par l’Église jusqu’à nous aujourd’hui, est objectivement vrai. Par cet enseignement, le Dieu tout-puissant, notre Créateur, nous a révélé ce que signifie être vraiment humain et ce que nous devons faire pour atteindre la vie éternelle avec Lui, au Ciel.

Ainsi, pour le catholique, il y a certainement une action juste, une doctrine juste et un culte juste, tout comme la révélation définitive de Dieu en Jésus-Christ exclut clairement certaines expériences, jouissances et désirs. Nous avons le privilège de vivre dans la Vérité et ne sommes pas limités à de simples spéculations philosophiques. Ainsi, nous devons dire que, à la lumière de la Révélation divine, le subjectivisme en matière de foi, de morale ou de culte est faux. Il n’est pas de Dieu. Il conduit les âmes en enfer et non au paradis.

Un autre éminent orateur a abordé hier les questions de la « Vérité », et un autre encore étudiera la « Bonté » avec vous demain, c’est pourquoi je me contenterai de dire que la vraie beauté est celle qui participe à l’objectivité de la révélation de Dieu dans l’histoire de l’humanité. Cela signifie que, théologiquement (et moralement, pastoralement, etc.), la beauté n’est pas d’abord une question d’esthétique, mais la question de savoir si tel ou tel aspect perceptible de notre adoration de Dieu et de nos vies vécues dans et à partir de cette adoration participe vraiment à ce qui est de Jésus-Christ, qui est la Beauté, la Vérité et la Bonté incarnées.

Car Dieu seul est la beauté, et son Fils incarné, Jésus-Christ, est l’homme le plus beau qui ait jamais existé – même, et surtout, lorsqu’il était suspendu à la hideuse contradiction de la Croix. Sa beauté n’est pas due à son physique, mais à son intégrité, à sa sainteté et à son dévouement sacrificiel à sa mission. Il est beau parce qu’il s’est entièrement consacré à l’accomplissement de la volonté de son Père.

En tant que prêtres de Jésus-Christ, nous ferions bien d’y réfléchir très attentivement. Nous sommes appelés à devenir les amis intimes du Christ. En effet, nous ne sommes pas simplement appelés à devenir un alter Christus – un autre Christ – mais bien à devenir ipse Christus, c’est-à-dire à devenir le Christ lui-même, à entrer dans son don de soi au Père. Il est possible d’être un alter Christus et d’être un fonctionnaire, et, aujourd’hui, il y a trop d’exemples de fonctionnaires vraiment hideux dans l’Église.

Toutefois, si, à chaque respiration, nous nous efforçons de devenir ipse Christus – même si nous respirons au milieu de la douleur et de la souffrance des croix que nous devons porter – notre coopération permanente avec Sa grâce, qui nous a été donnée d’une manière spécifique dans le sacrement de l’Ordre, nous configurera plus étroitement au beau Christ. Elle fera de nous, hommes frêles et faibles, une œuvre de la beauté rédemptrice de Dieu pour la gloire du Dieu tout-puissant, le salut de nos âmes et des âmes que nous sommes appelés à servir.

Ceci est fondamental. Le Christ est la Beauté même, et la vocation du prêtre est belle lorsqu’elle participe réellement à l’offrande sacrificielle du Christ dans les circonstances particulières où il est appelé à servir. En tant qu’homme, je connais mes limites. Je connais mes péchés. Je connais mes incapacités. En tant que prêtre de Jésus-Christ, je suis appelé à devenir quelque chose que je ne pourrai jamais atteindre par moi-même. Mais par Sa grâce, c’est possible : le beau visage de Jésus-Christ, la révélation définitive de Dieu dans l’histoire humaine, peut briller en moi et à travers moi ; mais seulement si je coopère avec cette grâce aujourd’hui, et si je renouvelle ma résolution de le faire pour autant de lendemains qu’il me sera donné sur cette terre.

Comme je l’ai dit, nous devrions tous considérer cette réalité très attentivement. Elle a des implications dans tous les aspects de notre ministère sacerdotal, et je suis sûr que les autres orateurs de cette semaine en exploreront un grand nombre. Les organisateurs de la conférence m’ont demandé de parler spécifiquement de la beauté de la Sainte Liturgie dans la vie et la mission du prêtre, ce que je vais faire très volontiers, car comme l’a dit un jour le cardinal Ratzinger :

L’Église se maintient et s’affaiblit avec la Liturgie. Lorsque l’adoration de la Trinité divine décline, lorsque la foi n’apparaît plus dans sa plénitude dans la Liturgie de l’Église, lorsque les paroles de l’homme, ses pensées, ses intentions l’étouffent, alors la foi aura perdu le lieu où elle s’exprime et où elle demeure. C’est pourquoi la véritable célébration de la Sainte Liturgie est au centre de tout renouveau de l’Église, quel qu’il soit. (Voir : A. Reid ed., Looking Again at the Sacred Liturgy with Cardinal Ratzinger, St Michael’s Abbey Press, 2003, p. 139).

La beauté et la liturgie sacrée

Quelques principes

Ceux d’entre nous qui sont nés en dehors de l’Europe se souviennent probablement très bien de leur première visite sur ce continent, et en particulier de leur première visite à Rome. Souvent, nous avons grandi en entendant parler de la basilique Saint-Pierre de Rome et des grandes cathédrales de Chartres, de Munich, etc., alors que nous n’avions jamais vu que les photographies de ces édifices, le fait d’y pénétrer pour la première fois nous a coupés le souffle. Et c’est vrai. Nous sommes en présence d’une beauté qui participe et transmet la beauté de Dieu lui-même !

Si nous voyageons un peu, nous rencontrons de nombreux styles différents d’architecture ecclésiastique. La simplicité austère et solide de l’art roman nous confronte au Christ-Dieu (généralement représenté dans l’abside). La hauteur et les détails des cathédrales gothiques font s’envoler nos âmes vers Dieu. Le baroque et le rococo nous montrent comment de simples hommes ont célébré avec exubérance la magnificence de l’Incarnation avec toutes les fibres créatives de leur être. Les grandes églises de l’Orient chrétien nous plongent dans la cour céleste. Le contraste avec les églises et chapelles dans lesquelles nous servons peut être dramatique. Nous pouvons même nous sentir un peu découragés par l’absence de ce que nous avons chez nous. Certaines architectures des églises que nous visitons peuvent même nous sembler un peu excessives à notre goût.

Je voudrais suggérer que même si nous nous sentons plus à l’aise dans un style d’architecture que dans un autre, ce n’est pas nécessairement la question la plus importante. L’important, c’est que la beauté que nous ressentons dans les grandes cathédrales d’Europe ou dans les humbles églises et chapelles de nos pays d’origine est due à l’intégrité du bâtiment. En d’autres termes, le bâtiment est ce qu’il est censé être et rien d’autre : un lieu saint, la maison de Dieu et la porte du Ciel (cf. Gn 28, 16-17) – un lieu sacré réservé au culte liturgique de Dieu le Père, le Fils et le Saint-Esprit, construit par amour de Dieu et avec toute la générosité et l’habileté que l’on peut avoir. À cet égard, une petite chapelle dans un village africain peut avoir autant d’intégrité qu’une basilique romaine. Il en va de même pour une chapelle rurale en Amérique ou en Australie, indépendamment de son style particulier ou même de son absence de participation à l’un des grands styles architecturaux.

Nous avons probablement aussi fait l’expérience de célébrer la Sainte Liturgie dans des lieux qui manquent d’une telle intégrité. Parfois, il peut y avoir une juste raison : pour offrir la messe pour un mourant, par exemple, ou même dans une grande occasion où l’église ou la cathédrale s’avère trop petite. Toutefois, même dans ce cas, nous faisons naturellement tout ce qui est en notre pouvoir pour rendre le lieu aussi sacré que possible.

Il arrive aussi que les églises et les chapelles manquent d’intégrité. Nous le savons instinctivement : quelque chose en nous a un mouvement de recul devant la disposition spatiale ou devant tel ou tel meuble ou objet liturgique particulier. Quelle que soit sa valeur artistique intrinsèque, son prix, ou la renommée de l’artiste qui l’a conçu, il n’est tout simplement pas en harmonie ou ne convient pas dans l’utilisation qui en est faite. Il lui manque cette intégrité qui lui permet de participer à la beauté du Christ qui est manifestée dans la Sainte Liturgie et qui nous conduit à Lui, et, au lieu de cela, il attire l’attention sur lui-même. Il lui manque cette véritable noblesse et harmonie qui est le sol fertile dans lequel la transcendance s’enracine et grandit.

J’ai utilisé l’analogie de l’architecture de l’église pour définir le principe d’intégrité comme une composante fondamentale de la beauté liturgique. De même, ce principe d’intégrité peut et doit être appliqué aux rites liturgiques eux-mêmes. Les rites liturgiques que nous célébrons doivent être exactement ce qu’ils sont censés être, et rien d’autre.

Permettez-moi de vous donner un exemple courant. Où, dans les rubriques de la concélébration, est-il prévu que les prêtres ou les évêques concélébrants sortent leur téléphone et prennent des photos ? Je suis continuellement étonné et profondément scandalisé par ce manque total d’intégrité de la part d’hommes investis de l’œuvre unique du Christ, qu’ils sont les seuls à pouvoir accomplir, se comportant comme des touristes adolescents de passage au milieu de la Sainte Liturgie ! Il n’y a pas de place pour cela dans la Sainte Liturgie. Un prêtre ou un évêque qui se comporte ainsi doit faire son examen de conscience et chercher à renouveler profondément la nature et le sens de la liturgie. Il doit réfléchir et examiner s’il croit vraiment à la présence de Jésus dans la célébration eucharistique.

On pourrait sans doute citer beaucoup d’autres exemples ; mais c’est le principe qui est important : les rites liturgiques que nous célébrons doivent être exactement ce qu’ils sont censés être, et rien d’autre. C’est là que réside leur beauté. La soi-disant créativité ou même l’inculturation qui transforme la Sainte Liturgie en une réunion religieuse ou un spectacle culturel n’a rien à voir avec l’adoration de Dieu, le Tout-Puissant, que nous avons promis de célébrer fidèlement le jour de notre ordination ! Nous sommes les serviteurs, et non les maîtres, de la Sainte Liturgie ! Même les évêques n’en sont que les gardiens et les protecteurs, et non les propriétaires.

Ce principe implique, bien sûr, que nous soyons fidèles aux livres liturgiques tels qu’ils nous sont donnés par l’autorité légitime. Nous en reparlerons évoquant plus tard l’ars celebrandi. Il est vrai que les livres liturgiques réformés contiennent des options, mais il est possible, parfois au moyen de ces options, de transformer entièrement le cadre liturgique ou la configuration de telle célébration liturgique.

Je voudrais ici lancer un appel à cette herméneutique de la réforme dans la continuité dont a parlé le Pape Benoît XVI (Discours, 22 décembre 2005). C’est une opinion personnelle, mais il me semble que les livres liturgiques réformés ont désespérément besoin de cette continuité avec la tradition liturgique, que les Pères du Concile Vatican II ont cherché à réformer, s’ils veulent être vrais, beaux et bons, et ainsi faire de leur mieux pour la sanctification et l’édification du Peuple saint de Dieu. D’autres peuvent ne pas être d’accord. Mais selon ma lecture du Concile, c’est ce que celui-ci voulait : une réforme dans la continuité, et non en rupture avec le passé.

Cela soulève deux questions connexes, et si j’en dis trop, je risque de m’attirer des ennuis, je serai donc bref. Mais il faut dire quelque chose.

Tout d’abord, la question apparemment dépassée de la « réforme de la réforme liturgique postconciliaire », selon laquelle les livres liturgiques modernes devraient être révisés en vue de les enrichir d’éléments qui ont été perdus lors de la réforme elle-même. Cela n’est plus du tout à la mode actuellement auprès des autorités, mais la motivation et le raisonnement qui sous-tendent de telles mesures n’ont rien perdu de leur validité. Il ne m’appartient pas de dire quand le Seigneur, dans sa Providence, permettra que cette question soit à nouveau sérieusement prise en considération, mais il se peut que certains de nos jeunes frères prêtres ici présents vivent assez longtemps pour voir les livres liturgiques réformés rendus encore plus beaux. À ce sujet, je pense souvent au missel de l’Ordinariat des anciens anglicans et aux richesses qu’il contient comme un exemple de ce qui pourrait être possible de réaliser.

La deuxième question est celle de la célébration des rites liturgiques préconciliaires, l’usus antiquior du rite romain. J’ai déjà dit, en particulier à la lumière des fruits évidents que ces rites ont produits au cours des dernières décennies, que

Malgré des attitudes cléricales intransigeantes d’opposition à la vénérable liturgie grégorienne latine, attitudes typiques du cléricalisme que le pape François a dénoncé à plusieurs reprises, une nouvelle génération de jeunes a émergé au cœur de l’Église. Cette génération est celle des jeunes familles, qui démontrent que cette liturgie a un avenir parce qu’elle a un passé, une histoire de sainteté et de beauté qui ne peut être effacée ou abolie du jour au lendemain. (Twitter, 8 juillet 2021)

Je le maintiens. Et bien que je comprenne qu’à l’heure actuelle, de nombreux prêtres se trouvent dans une position très difficile en ce qui concerne l’usus antiquior, je vous encourage à ne jamais oublier ou nier la profonde vérité enseignée par le pape Benoît XVI :

Ce que les générations précédentes considéraient comme sacré reste sacré et grand pour nous aussi, et ne peut être tout à coup entièrement interdit ou même considéré comme nuisible. Il nous appartient à tous de préserver les richesses qui se sont développées dans la foi et la prière de l’Église, et de leur donner la place qui leur revient. (Lettre aux évêques, 7 juillet 2007)

J’en ai dit assez, peut-être trop ou même trop maladroitement au goût de certains : du moins je n’ai pas parlé de la beauté et de la valeur pastorale de la pratique légitime de célébrer la liturgie moderne ad orientem !

En gardant à l’esprit le principe de l’intégrité liturgique comme une composante essentielle de la beauté liturgique (et de la vérité et de la bonté liturgiques), passons à l’examen de quelques applications pratiques de ce principe.

Quelques applications

L’exhortation apostolique Sacramentum Caritatis de 2007 du pape Benoît XVI, « Sur l’Eucharistie comme source et sommet de la vie et de la mission de l’Église », qui est le fruit des réflexions du synode des évêques de 2005, est un très bon point de départ. En fait, j’aimerais suggérer qu’il s’agit d’un document très important et très négligé pour la formation liturgique. Si vous ne l’avez pas étudié, je vous invite à le faire. Et si vous ne l’avez pas consulté depuis un certain temps, je vous invite à le faire à nouveau. Il vous guidera dans vos efforts pour garantir l’intégrité de vos célébrations liturgiques, pour qu’elles soient ce qu’elles sont censées être, et rien d’autre.

Le Pape Benoît XVI donne de nombreux conseils judicieux, un résumé à la lumière des années turbulentes de la vie liturgique post-conciliaire, sur laquelle les Pères du Synode se sont penchés. Le meilleur de tous ces conseils est peut-être cette simple affirmation : « Tout ce qui concerne l’Eucharistie doit être marqué par la beauté » (n. 41).

Nous ferions bien de nous en servir comme fondement d’un examen de conscience pour notre propre pratique liturgique : tout ce qui concerne la liturgie que nous célébrons avec notre peuple est-il marqué par la beauté, selon les moyens dont nous disposons ? Ou bien nous contentons-nous de pratiques, d’objets, de rites, de musique, etc. moins que beaux, voire clairement inappropriés ?

Si l’Eucharistie est vraiment la source et le sommet de la vie et de la mission de l’Église, nous ne pouvons pas nous contenter d’un pis-aller, voire du pire. Si nous faisons cela, nous construisons sur des fondations défectueuses, et d’une manière ou d’une autre, ce que nous construisons sur ces fondations peu sûres s’écroulera. Rappelez-vous les paroles du cardinal Ratzinger que j’ai citées plus haut : « L’Église tient ou s’effondre avec la liturgie…. C’est pourquoi la célébration authenique de la Sainte Liturgie est au centre de tout renouveau de l’Église, quel qu’il soit ».

Notre souci de la beauté dans la liturgie n’est donc en aucun cas ésotérique ou simplement esthétique. Il est fondamentalement pastoral. En tant que prêtres, notre premier devoir est d’être à l’autel de Dieu. De là, découle tout le reste. Si nous ne pouvons pas nous assurer que ce que nous faisons à l’autel de Dieu est tel qu’il devrait être – beau et intégral – nous manquons à notre premier devoir devant Dieu, le Tout-Puissant. Nous pouvons posséder, grâce à Dieu, de nombreux autres dons qui peuvent servir le Seigneur et l’Église de manière remarquable, mais notre tout premier devoir est de devenir un homo liturgicus, dont la vie et la mission émanent de l’autel. L’exemple de notre dévouement à nos devoirs sacrés nous permet ensuite de devenir un pater liturgicus, formant d’autres personnes à la sainte liturgie par notre propre exemple. C’est peut-être quelque chose que nous avons nous-mêmes expérimenté lorsque nous étions plus jeunes, au contact de ces prêtres qui ont soutenu nos propres vocations en étant simplement des prêtres immergés dans les mystères sacrés qu’ils avaient le privilège de célébrer.

Dans Sacramentum Caritatis, le pape Benoît XVI parle de l’ars celebrandi : « l’art de célébrer correctement » les rites liturgiques, « le fruit de l’adhésion fidèle aux normes liturgiques dans toute leur richesse ». Il note que cette préoccupation n’est en rien contraire au désir du Concile Vatican II de promouvoir une participation réelle, effective et fructueuse à la liturgie, mais qu’en fait, « la première façon de favoriser la participation du peuple de Dieu au rite sacré est la célébration appropriée du rite lui-même » (n. 38).

Dans le langage que nous avons utilisé, un ars celebrandi correct fait preuve d’intégrité. Les rites sont célébrés comme ils doivent l’être, aussi bien que possible compte tenu des circonstances – et bien sûr, selon les exigences des différentes fêtes et saisons de l’année de l’Église. Nous avons vu cette intégrité dans l’exemple des papes saint Jean-Paul II et Benoît XVI : ils étaient sérieux, sereins et priants à l’autel. Ils ont manifesté une révérence et une crainte pour les choses de Dieu qui étaient vraiment édifiantes.

Nous aussi, nous devons édifier, et donc « construire » notre peuple par notre profond recueillement dans la Sainte Liturgie. Si nous prions les textes liturgiques au lieu de les lire de manière superficielle, les gens participeront aux richesses qu’ils contiennent. Si nous nous donnons aux rites liturgiques et y entrons vraiment, comme le Christ s’est offert sur la Croix, les gens sauront que nous ne sommes pas de simples fonctionnaires accomplissant un travail, mais des hommes de Dieu se tenant devant Lui dans la stupeur ou, en d’autres termes, une crainte admirative, profondément conscients du privilège qui est le nôtre. Telle est notre vocation ! C’est cela que Dieu nous appelle à être ! C’est ainsi que nous construirons l’Église sur terre et que nous conduirons les âmes au salut !

Bien sûr, penserez-vous peut-être : Son Éminence est à Rome, et non dans la paroisse affairée que nous desservons. Oui, c’est facile à dire, et donc pas si facile à réaliser. Je vous l’accorde, c’est vrai. Mais, chers Pères, il s’agit fondamentalement d’une question de priorités. Nous devons tous apprendre que nous ne pouvons pas faire tout ce qui nous est demandé. Nous devons établir des priorités. Et ce faisant, l’ars celebrandi, l’intégrité de notre célébration de la Sainte Liturgie – qui est le fondement même et la source de vie de notre sacerdoce – ne peut jamais être reléguée au second plan. L’adoration de Dieu, le Tout-Puissant, doit venir en premier, comme Dieu l’a clairement indiqué à Moïse dans les commandements du Mont Sinaï (cf. Exode 20) et comme notre Seigneur l’a enseigné en le présentant comme le plus grand commandement (cf. Mc 12, 29). D’autres activités pastorales découlent à juste titre de notre adoration de Dieu, mais elles ne doivent pas l’entraver.

Mais cette objection n’est pas sans fondement. Ici, à Rome, les cérémonies sont bien organisées et il est assez facile de maintenir un recueillement approprié (normalement, puisque… même les cardinaux peuvent parler trop dans les sacristies et pendant les concélébrations !)

Je voudrais vous suggérer, chers Pères, d’investir sérieusement dans le recueillement autant dans vos paroisses que dans vos apostolats. Formez vos fidèles à la nécessité du silence dans la sacristie et insistez sur ce point. Que l’atmosphère silencieuse révèle l’importance des mystères qui vont être célébrés. Et, d’une manière ou d’une autre, prenez le temps de vous préparer et de vous recueillir en silence – peut-être en priant les prières de vêture – et prenez le temps d’approfondir et de formuler votre intention. Au début, cela peut demander un peu de discipline, mais j’ai utilisé le mot « investir » à dessein.

Réaffirmer le caractère sacré de la liturgie en observant le silence avant de la célébrer permettra non seulement de bien former les autres, mais aussi de donner de l’espace à nos âmes sacerdotales si occupées pour respirer. Cela nous permettra d’entrer plus intimement dans les mystères que nous nous apprêtons à célébrer. Elle transformera ce qui peut parfois sembler tout à fait routinier en une expérience semblable à notre première messe. L’investissement en vaut la peine.

Sacramentum Caritatis nous rappelle ce fait important : la musique liturgique fait partie intégralement de l’ars celebrandi. En considérant cet élément, le Pape Benoît XVI a dit sur un ton quelque peu ironique que « en ce qui concerne la liturgie, nous ne pouvons pas dire qu’un chant est aussi bon qu’un autre » (n. 42). Comme il a raison ! Il y a beaucoup de travail à faire pour chanter la liturgie plutôt que de simplement chanter quelque chose dans le cadre de la liturgie.

Je sais combien cette responsabilité du prêtre peut être difficile, en particulier lorsqu’il vient d’être nommé et qu’il rencontre des personnes de bonne volonté et enthousiastes, mais dont la formation en matière de musique liturgique est erronée. Lorsque la beauté et l’intégrité sont assimilées à des préférences personnelles et à des goûts individuels, cela peut entraîner beaucoup de stress et même de profonds conflits.

Chers Pères, je vous encourage à ne pas fuir cette confrontation nécessaire entre ce qui est laid et ce qui est beau, mais à vous y engager avec beaucoup de charité, dans la fidélité à la vérité et avec une très grande patience. Nous ne voulons pas chasser les âmes, mais nous devons trouver les moyens de leur faire découvrir la beauté du patrimoine musical liturgique de l’Église, en particulier le chant grégorien, et l’importance et la valeur des compositions liturgiques modernes qui « correspondent au sens du mystère célébré, à la structure du rite et aux temps liturgiques » (Sacramentum Caritatis, 42). Dans le monde anglophone, beaucoup de bon travail a été fait pour offrir des moyens au chant liturgique, et cela doit être encouragé.

Afin d’apporter ma propre contribution dans ce domaine, j’ai travaillé sur un livre intitulé The Song of the Lamb : Sacred Music and the Heavenly Liturgy  [Le cantique de l’Agneau-Musique sacrée et liturgie céleste], en collaboration avec Peter Carter, un jeune Américain qui est le directeur exécutif et le fondateur plein de zèle du Catholic Sacred Music Project, dont j’ai le privilège d’être l’un des parrains. Nous espérons qu’il sera publié par Ignatius Press dans le courant de l’année. J’y aborde de nombreuses questions pratiques qui, je l’espère, aideront les prêtres et les musiciens à restaurer une musique liturgique vraiment belle dans nos églises.

Je ne peux que vous encourager à faire de votre mieux dans ce domaine difficile, à investir dans un personnel laïc bien formé pour vous aider, en particulier si vos propres dons musicaux ne sont pas grands, et à leur donner les ressources dont ils ont besoin dans ce domaine. La musique sacrée n’est pas un supplément facultatif, mais un élément intégral de la beauté de la sainte liturgie. Si nous n’acceptons pas la responsabilité qui nous incombe dans ce domaine, aussi difficile soit-il, qui le fera ?

Il y a deux autres sujets spécifiques que je voudrais mentionner. Le premier est notre utilisation de l’option de la concélébration. Je dis « option » délibérément parce que, dans certains endroits, concélébrer toute messe à laquelle un prêtre est présent est devenu presque obligatoire, et l’on peut être considéré comme quelque peu déloyal si l’on ne le fait pas. Cependant, si l’on a déjà offert la Messe un jour donné, ou si l’on doit le faire plus tard, on ne doit pas biner en concélébrant sans la juste cause ou la nécessité pastorale requise que le droit canonique stipule (cf. Canon 905 §1).

Évidemment, l’évêque est l’autorité compétente pour le permettre, et concélébrer avec l’évêque lui-même a une grande valeur symbolique, en particulier à certaines occasions comme la Messe chrismale de la Semaine Sainte, lors d’autres rencontres avec l’évêque, au cours de retraites, etc. Celui-ci peut permettre à un prêtre de concélébrer en une occasion donnée pour une juste cause, mais en vérité, il ne peut pas l’exiger. On ne peut exiger d’un prêtre qu’il concélèbre la Messe.

Il me semble que cette pratique est devenue trop exagérée et que nous devons devenir un peu plus « chastes », pour ainsi dire, en ce qui concerne la concélébration. Il y a trop de cas de prêtres qui se comportent de manière inappropriée lorsqu’ils concélèbrent la Messe, comme s’ils portaient simplement certains des vêtements sacerdotaux mais n’étaient pas concentrés sur l’offrande du Saint Sacrifice de la Messe. Les discussions oiseuses, la prise de photos, la posture décontractée, etc. trahissent un manque flagrant d’intégrité dans l’action liturgique. La concélébration peut être une très belle chose, mais il ne faut pas en abuser.

Il convient également de réfléchir au fait que si la concélébration des prêtres avec l’évêque existe sous une forme ou une autre dans l’histoire de la liturgie (généralement à titre cérémoniel et non sacramentel), la concélébration des prêtres avec d’autres prêtres en l’absence de l’évêque est une innovation totale. Ce n’est pas ici le lieu de discuter des questions théologiques et liturgiques qui sont en jeu, mais si vous désirez consulter une étude plus approfondie sur ce sujet, je recommande la traduction anglaise du livre du Père carme français Joseph de Sainte-Marie, The Holy Eucharist-The World’s Salvation publié par Gracewing Press en 2015 [en langue française : L’Eucharistie, Salut du monde, éditions du Cèdre, 1981). Ses considérations nous aideront certainement à repenser de nombreuses pratiques liées à la concélébration.

Le deuxième domaine que je voudrais aborder concerne notre prière de l’Office divin. Notre principe selon lequel les rites liturgiques que nous célébrons doivent être exactement ce qu’ils sont censés être, et rien d’autre, s’applique ici aussi. Nos célébrations de l’Office divin doivent être de beaux moments d’adoration de Dieu, d’adoration intime du Seigneur – même si, la plupart du temps, nous devons prier les Heures tout seuls.

Bien sûr, c’est beaucoup plus facile pour les moines et les religieux conventuels dont la vocation est de chanter l’Office au chœur. Cela n’est pas possible très souvent en paroisse – bien que je vous encourage à faire tout ce que vous pouvez pour célébrer l’Office divin, moyennant un ars celebrandi correct, avec votre peuple aussi souvent qu’il est possible. Ouvrez ce trésor à votre peuple et formez-le à ses richesses, peut-être par le biais d’une initiative de Carême ou à l’occasion de grandes fêtes. Dans certaines situations, il peut même être pastoralement conseillé de célébrer des vêpres solennelles, et non la Sainte Messe. Nous ne sommes pas obligés de célébrer la Messe absolument chaque fois que nous nous réunissons !

De même, nos célébrations de l’Office divin lors des retraites et des rassemblements de prêtres devraient être riches et belles, avec des cérémonies et des chants. Nous pouvons nous habituer à sa seule récitation, en oubliant qu’il s’agit d’un rite liturgique qui doit être célébré comme les autres rites. Et même si le bréviaire nous permet de prier une heure au milieu de la journée, quand nous le pouvons, nous ne devons pas oublier qu’il y a trois heures au milieu du jour : Tierce, Sexte et None. L’Église nous a permis de prier l’une d’entre elles lorsque nous sommes occupés, mais le prêtre est un homme de Dieu, pas un chef d’entreprise, et lorsque nous le pouvons – pendant les retraites, si la maladie ou l’âge nous éloigne des nombreuses exigences de l’apostolat actif, etc., – je recommande fortement que nous retrouvions cette belle tradition qui consiste à prier les trois heures du jour. Même lorsque nous ne sommes plus en première ligne du ministère pastoral, il est essentiel que notre travail de prière pour l’Église et le monde se poursuive. C’est un aspect très beau de notre vocation : se tenir devant Dieu, en sa présence, même quand on est vieux ou malade. Sinon, nous nous trompons nous-mêmes et nous mentons à Dieu lorsque nous prions le Psaume 118, 163-164 : « Seigneur, je déteste et j’abhorre le mensonge, mais j’aime ta Loi. Sept fois par jour, je te loue pour tes justes ordonnances ».

Nous pourrions continuer toute la soirée et discuter d’autres questions connexes – la nécessaire intériorité, un comportement et des vêtements dignes du prêtre, la responsabilité qu’il a de donner le bon exemple aux servants d’autel et à d’éventuelles futures vocations, la valeur irremplaçable du beau geste de s’agenouiller dans la liturgie, la nécessité d’éviter la tentation de célébrer les mariages et les funérailles de manière superficielle, la nécessité d’une bonne prédication, les dangers que l’utilisation de diverses formes de médias peut poser à l’intégrité de la Sainte Liturgie, etc. Mais j’espère qu’à partir de ce que j’ai dit ci-dessus, les principes pertinents sont clairs. Si vous le souhaitez, nous pourrons reprendre certains points par la suite, et en parler.

De même, je n’ai pas abordé ici la question de la formation liturgique des prêtres – certes, vous n’êtes pas des séminaristes ! Mais il s’agit d’une question très importante qui nécessite un examen attentif. Si l’un d’entre vous a le privilège d’être appelé à être formateur dans un séminaire, je serais heureux d’en parler plus longuement avec lui.

Conclusion

En 2015, au début de sa retraite, Benoît XVI a écrit une préface à l’édition russe de ses œuvres sur la liturgie. Il nous offre une conclusion plus qu’appropriée à nos considérations de ce soir :

« Que rien ne soit préféré à la sainte liturgie. Par ces mots dans sa Règle (43, 3), saint Benoît a établi la priorité absolue de la sainte liturgie sur toute autre tâche de la vie monastique. Mais même dans la vie monastique, cela n’était pas immédiatement pris en compte, car le travail agricole et intellectuel était également une tâche essentielle pour les moines. Dans l’agriculture comme dans l’artisanat et le travail de formation, certaines questions temporelles pouvaient sembler plus importantes que la liturgie ». Dans ce contexte, Benoît XVI, avec la priorité donnée à la liturgie, souligne sans équivoque la priorité de Dieu lui-même dans nos vies : « En entendant le signal d’une heure d’office divin, le moine mettra immédiatement de côté ce qu’il a en main, mais avec gravité ».

Dans la conscience des hommes d’aujourd’hui, les choses de Dieu, et donc de la liturgie, ne semblent pas du tout urgentes. Il y a une urgence pour toutes les autres choses possibles. Mais les choses de Dieu ne semblent pas urgentes. On pourrait faire remarquer que la vie monastique est, de toute façon, quelque chose de différent de la vie des gens dans le monde, et c’est vrai. Mais Dieu, que nous avons oublié, ainsi que sa priorité, vaut pour tous. Si Dieu n’est plus important, les critères pour déterminer ce qui est important sont déplacés. L’homme, en écartant Dieu, se soumet aux contraintes qui le rendent esclave des forces matérielles, et donc en contradiction avec sa dignité.

Dans les années qui ont suivi le Concile Vatican II, j’ai repris conscience de la priorité de Dieu et de la Sainte Liturgie. L’incompréhension de la réforme liturgique, qui s’est largement répandue dans l’Église catholique, a conduit à mettre de plus en plus l’accent sur les aspects de l’éducation, de l’activité et de la créativité personnelles. Les activités des personnes ont presque effacé la présence de Dieu. Dans une telle situation, il est devenu de plus en plus évident que l’existence de l’Église vit de la célébration correcte de la liturgie, et que l’Église est en danger lorsque la primauté de Dieu n’apparaît plus dans la liturgie ni, par conséquent, dans la vie.

La cause la plus profonde de la crise qui a bouleversé l’Église réside dans l’occultation de la priorité de Dieu dans la liturgie. Tout cela m’a conduit à me consacrer au thème de la liturgie plus qu’auparavant, car je savais que le véritable renouveau de la liturgie est une condition fondamentale pour le renouveau de l’Église…

Après de nombreux efforts pour promouvoir ce renouveau, y compris au cours de sa retraite, le pape Benoît XVI a rejoint sa récompense éternelle, il y a un peu plus de deux ans. La tâche de ce renouveau repose maintenant sur nos épaules, chers Pères, chacun d’entre nous, selon la mission qui lui a été confiée.

J’espère que, si vous ne l’avez pas encore fait, vous pourrez prier pour Benoît XVI sur sa tombe dans la basilique Saint-Pierre pendant votre séjour à Rome. Peut-être pourrons-nous aussi lui demander son aide dans la belle œuvre qui est la nôtre et dont il a été lui-même l’un des phares.

Merci, chers Pères. Que Dieu vous bénisse, qu’il bénisse vos familles et toutes les personnes que vous servez.

Robert Cardinal Sarah,
Préfet émérite de la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements

© LA NEF pour la traduction française, le 28 janvier 2025, exclusivité internet