David
(18 mars 2026)
L’histoire du roi David, telle qu’elle est racontée dans les livres de Samuel I et II. Étant un film d’animation 3D destiné aux enfants, les responsables de David n’ont pas raconté la fin, l’aventure de David avec Bethsabée et l’assassinat de son mari. C’est se priver d’une des plus belles pages de la Bible : le repentir de David, et le psaume 50 que celui-ci en tira, chanté au début de chaque messe. Mais c’est une prudence bien compréhensible, qui permet aux auteurs de se consacrer uniquement à la partie guerrière de l’histoire de David, histoire à la fois héroïque, avec des trésors de courage et de vaillance, et sacrée parce que David ne cesse de rappeler aux Israélites que c’est en Dieu qu’il faut se fier et que c’est lui qui donne la victoire.
À cet égard, la scène de David et Goliath est traitée avec un luxe de détails psychologiques et de gestes de foi qui est aussi édifiant que piqueté d’humour, juste et fin. Le remarquable de ce film, réalisé avec un soin extrême, c’est la grande richesse et beauté des images, que ce soit dans la tenue des personnages, notamment les guerriers, ou dans les paysages, recréés avec beaucoup de vérité selon une rigoureuse documentation archéologique.
Triomphe aux États-Unis à sa sortie, ce film pourrait avoir le même succès en France si la version française des chansons, banale, ne le dessert pas.
Marty supreme
(18 février 2026)
Vers 1950, Marty, jeune Juif new-yorkais, ne doute pas un instant qu’il sera bientôt champion du monde de tennis de table. Un sport encore presque inconnu aux États-Unis mais très populaire au Japon, où Marty veut aller affronter le champion en titre. Mais comment trouver l’argent du voyage ?
Ce film est le premier réalisé en solo par Josh Safdie, réalisateur juif new-yorkais qui travaillait auparavant avec son frère, et il poursuit, en l’amplifiant encore, leur style immersif et survolté.
L’histoire s’inspire de celle, réelle, de David Reisman, pongiste juif new-yorkais célèbre pour son goût du spectacle. Mais loin d’une biographie fidèle, le film se veut un « hommage », ne s’interdisant aucune exagération ou invention. Pour rendre cela crédible, il fallait un acteur d’une trempe particulière et c’est là que le film devient vraiment intéressant. Timothée Chalamet, 30 ans, est depuis longtemps dans la cour des grands, une star. Mais là, il se surpasse. En incarnant ce godelureau à l’ambition délirante, il n’est plus seulement l’acteur principal du film, ni L’Acteur du film, il est le film. Il l’est déjà par sa préparation, s’entraînant au ping-pong plusieurs années jusqu’à pouvoir disputer réellement les matchs dans le film (à quelques corrections informatiques près). Il l’est par la facilité de ses changements d’émotions et d’humeur : toutes facettes d’art dramatique qui lui permettent de créer un personnage aussi stupéfiant que détestable, admirable que ridicule, charmant que répulsif.
François Maximin
© LA NEF n°389 Mars 2026
La Nef Journal catholique indépendant