The Christophers
(10 juin 2026)
Sklar (Ian McKellen), peintre londonien qui a connu la gloire, ne peint plus depuis longtemps et vit en misanthrope reclus. Ses enfants, avides d’héritage, engagent pour lui une assistante (Michaela Coel), qui est en réalité une ex-faussaire, avec pour mission de finir en secret une série de huit toiles inachevées, les « Christophers », et en tirer une fortune.
Ce brillant exercice de style – presque un huis clos – est issu de la collaboration, de Peter Soderbergh (réalisateur) et Ed Solomon (scénariste). Si le talent célèbre du premier éclate ici dans la simplicité des décors, c’est surtout le second dont on admire la virtuosité parce que son drame à quatre personnages – et le plus souvent deux – parvient à ouvrir des perspectives immenses, tant dans la création artistique que dans la psychologie. La grande réussite de Soderbergh, c’est ce duo invraisemblable : le vieil artiste atrabilaire à la faconde torrentielle, et la jeune artiste secrètement tiraillée entre son admiration du peintre et son amour de l’art, d’une part, et l’obligation de sa mission frauduleuse, d’autre part. Si Ian Mc Kellen confirme son écrasant talent, on n’est pas moins ébloui par la peu connue Michaela Coel, jeune femme noire qui fait plus que résister à son « employeur ».
La façon dont se résout l’intrigue est un bijou d’invention, d’humour et d’émotion mêlés qui laisse loin derrière lui les questions qu’on pouvait avoir sur cette histoire d’artiste bisexuel.
Toy Story 5
(17 juin 2026)
Les jouets Jessie, Buzz, Woody et toute la bande voient leur place auprès des enfants remise en question par la nouvelle passion des petits : l’électronique !
Trente ans après le premier numéro, Toy Story 5 impose une nouvelle fois sa perfection technique, sa formidable drôlerie, son inventivité inépuisable et son art tout américain d’insérer des moments d’émotion irrésistible. Longtemps la série des Toy Story a prospéré sur l’image intemporelle d’enfants jouant paisiblement – ou pas – avec des jouets inanimés, qui prenaient vie une fois les habitants sortis. Impossible de maintenir un tel univers idyllique à l’heure où les enfants ne jouent plus qu’avec des jouets électroniques. Pas de smartphones ici, heureusement, mais de vrais jouets, qui permettent quand même chat et GPS. Notons les deux notes wokes, jamais absentes chez Disney : la petite héroïne wasp qui cherche désespérément à être amie avec la petite Noire Blaze et le fait que le chef des jouets n’est plus le cow-boy Woody mais la cow-girl Jessie, « shériffe » dont Buzz l’Éclair n’est plus que l’adjoint. Une fois ce dû payé à la modernitude, on peut se plonger sans réserve dans cette splendide histoire, débordant de couleurs, de spectacle, de finesse et d’humour, qui donne en sortant l’envie qu’un « 6 » ne tarde pas.
François Maximin
© La Nef n° 393 Juillet-Août 2026
La Nef Journal catholique indépendant