Coronacircus

DÉBATS Point de vue

Dans la série des Covid, il y a eu Covid-19 : un nouveau monde, Covid II contre-attaque, puis le Retour du Covid. Nous assistons, actuellement, à la sortie du septième opus, la fameuse septième vague. On pourrait faire le bilan de cette crise qui dure depuis plus de deux ans ; crise de la science, de l’hôpital et crise du politique quand les droits élémentaires ont été bafoués, quand nos pays libéraux sous le masque de l’inclusion se sont montrés autoritaires.
Nombreux scientifiques se sont honorés comme le professeur Perronne, général cinq étoiles de la médecine, le professeur Raoult, notre Panoramix national et, parmi eux, le docteur Laurent Toubiana. Ce médecin à l’allure de gentilhomme, impavide et honnête, exprime dans son livre Covid-19 une autre vision de l’épidémie (1) un résumé clair de l’épidémie : le Covid-19 existe, il y a des malades, oui, il y a eu des morts, c’est exact mais ce n’est pas l’équivalent de la peste et toutes les mesures de confinement, de couvre-feu, de vaccination massive n’ont servi à rien pour une épidémie, en somme, plutôt bénigne. Bénigne, vraiment ? Le docteur Toubiana fait partie des « rassuristes », de ceux qui, selon les médias, ne croient pas dans l’apocalypse épidémique.
Laurent Toubiana est épidémiologiste, le temps joue pour lui afin d’analyser, avec le recul nécessaire, les évolutions d’une épidémie. Le spot publicitaire « on peut discuter de tout, sauf des chiffres », a motivé l’écriture du livre car c’est, justement, ce qu’un scientifique fait : discuter des chiffres. L’épidémiologie s’intéresse aux facteurs qui peuvent nuire à la santé. Il s’agit de recueillir des données et les moyens de traitement de cette information. C’est une véritable démarche de santé publique : surveillance des maladies, analyse de leur évolution, déclenchement d’une alerte sanitaire en cas d’épidémie, évaluation de leur impact.
« Au début de ce livre, j’ai dit que mon propos était radical. Il n’a de radical que celui d’analyser les données épidémiologiques de la crise Covid et d’en conclure finalement que nous avons eu de la chance car cette épidémie était banale. » Les médias dans leur discours apocalyptique jouent sur le pathos et cherchent à faire peur. Ils ont bombardé les populations matin, midi et soir. Chacun a évalué l’épidémie à l’échelle de sa vie privée. Si l’on change de taille, à l’échelle d’une société, sur deux ans, on observe que l’impact de l’épidémie de Covid est en décalage avec les mesures mises en place par les autorités.
Laurent Toubiana dénonce l’incompétence généralisée des autorités en termes de santé publique : coûts démentiels, discours irraisonnés, institutions et observatoires peu compétents et inefficaces. Le rapport n°685 du Sénat est une pépite : il explique ce qu’il ne faut pas faire en temps d’épidémie ; et nos autorités, politiques ou médecins, ont fait tout ce qu’il ne fallait pas faire, scrupuleusement. Depuis des années, des technocrates ont pour but de prévenir les épidémies, le Covid vient tout renverser comme si l’humanité n’avait pas connu d’épidémies depuis la peste. On a découvert le rhume, la grippe, la surcharge des hôpitaux, la faillite et la faiblesse de notre système de santé.
Que dire du masque, des transferts en TGV, de la saturation des hôpitaux ? Le docteur Toubiana expose les évidences : le masque fait fonction de barrière aux projections sortantes pour protéger le patient mais en aucun cas ne protège leurs porteurs ; 202 malades seulement ont été transférés en TGV ; on ne soigne pas les gens et on n’a pas misé un centime sur les médicaments. L’ATIH a publié un rapport éloquent : seulement 2 % de l’activité hospitalière sur l’année. Toutes les déprogrammations ou les évictions de patients du fait de la politique de non prise en charge ont eu un effet déplorable sur l’organisation des soins.
Concernant la vaccination, Toubiana se montre plus radical : la rendre obligatoire au motif qu’un virus circule tient de l’irrationnel, d’une idéologie sanitaire ; « elle constitue l’ultime violence qu’un pouvoir politique impose à une population. » Les patients Covid non vaccinés venus pour le Covid représentent environ 6 % des lits en soins critiques à l’hôpital. Les non-vaccinés ne sont en aucun cas responsables d’une quelconque saturation hospitalière.
Pour autant, Laurent Toubiana refuse l’idée d’une épidémie fomentée par des élites : « une théorie du complot donne une explication univoque et mono causale d’un événement résultant d’une action planifiée et dissimulée d’un groupe manipulant les autorités officielles. » Mais alors pourquoi donc ces bouleversements de nos sociétés occidentales pour une « grippette » ; pourquoi donc cet acharnement à faire vacciner les populations quand on sait les conflits d’intérêts entre Pfizer et nos élites européennes ? Faut-il seulement voir une société lassée telle que Houellebecq l’a décrite, qui se parodie elle-même, surjoue, surprotège la vie ? Faut-il croire en un projet plus vicieux des mondialistes tel que Klaus Schwab du Forum économique de Davos l’a présenté dans son livre Covid-19 : la grande réinitialisation ? Laurent Toubiana se limite à ce qu’il voit, ici s’arrête son intervention. Christian Perronne va déjà plus loin (2). Ils ne pourront pas dire qu’ils ne savaient pas. Suite à la prochaine vague.

Nicolas Kinosky

(1) Laurent Toubiana, Covid-19 une autre vision de l’épidémie, L’Artilleur, 2022, 272 pages, 19,50 €.
(2) Pr Christian Perronne, Décidément ILS n’ont toujours rien compris ! Covid-19 Celui qui dit la vérité doit être exécuté…, Albin Michel, 2021, rééd. Poche, 216 pages, 7,40 €

© LA NEF n°350 Septembre 2022

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