Chronique cinéma Octobre 2018

Un peuple et son roi (26 septembre 2018)
Ce film historique raconte comment la Révolution française – dans ses débuts – brasse le sort du peuple et du roi à travers les débats de l’Assemblée nationale. Ce n’est pas une chronique des événements, ni même un choix des plus marquants, mais une immersion dans le fleuve révolutionnaire, où peuple, roi et représentants sont emportés sans savoir vers quelle rive. L’idée phare est que le spectateur ait le sentiment de vivre les événements au présent. Et ça marche !
Le réalisateur Pierre Schoeller a consacré sept ans à ce film. Il a lu les historiens comme les comptes rendus des débats de l’Assemblée. Le film est ainsi émaillé de détails historiques. Un film de cette ampleur et de cette richesse ne s’évalue pas facilement ; où sont les bons et les méchants ? ce ne sera pas dit. Au moins doit-on reconnaître que la figure du roi est traitée avec beaucoup plus de respect que d’habitude. Il apparaît surtout dans deux scènes ; au début où, le Jeudi Saint, il lave les pieds des enfants pauvres, et à la fin, sur l’échafaud. Les deux fois, royal.

Nos batailles (le 3 octobre 2018)
Olivier est contremaître dans une entreprise où il combat les injustices. Il est d’une conscience professionnelle que tous respectent. Mais du jour au lendemain arrive l’impensable : sa femme Laura abandonne le domicile. Il lui faut concilier éducation des enfants, vie de famille et activité professionnelle. Autant de batailles pour trouver un nouvel équilibre. Car Laura ne revient pas.
Jeune réalisateur franco-belge, Guillaume Senez avoue que c’est sa propre expérience qui a nourri le scénario. Il s’est séparé de sa femme et a dû apprendre lui-même ce qu’est vivre en père, seul avec deux enfants. Ce fond vécu donne la saveur particulière du film qui sonne vrai à chaque instant. Une autre particularité qui ajoute à la vérité est la méthode du réalisateur qui ne donne pas de dialogues écrits à ses acteurs mais cherche avec eux, dans l’improvisation, à se rapprocher de la source écrite. Romain Duris, dans le personnage d’Olivier, tient sans doute là son meilleur rôle. La difficulté pour beaucoup de spectateurs est d’admettre la disparition de Laura : une mère n’abandonne pas la chair de sa chair. Mais Senez, très attaché à la liberté absolue que clame un féminisme radical, tient que de tels abandons ne sont pas exceptionnels et il ne veut pas porter de jugement. Sans cette perspective le film, est inepte. Avec elle, il est passionnant, par l’excellence des acteurs et de la mise en scène. La conscience morale n’est pas absente. Quand Olivier, à bout, cède à la meilleure amie de Laura, il est pris d’un vif remord. Dans le cinéma contemporain c’est un sentiment si rare qu’on l’absout spontanément.

François Maximin

Du côté des sorties DVD…

FOREVER MY GIRL
FILM DE BETHANY ASHTON WOLF
avec Alex Roe et Jessica Rothe
Koba Films, 2018 (26 septembre), 1h48, 14,99 €
Un jeune homme abandonne sa future épouse le jour même des noces, juste avant la cérémonie. Il devient un chanteur de country célèbre aux États-Unis et se retrouve, huit ans plus tard, nez à nez avec elle à l’occasion d’un enterrement ; il découvre alors qu’elle a une fille de sept ans… La suite et la fin sont prévisibles, mais l’intérêt est de voir comment on y parvient. Et là où l’on aurait pu avoir une mauvaise romance pour midinettes, on a un film qui, sans être un chef-d’œuvre, tient bien la route, avec la défense de belles valeurs comme le pardon, et, au final, s’avère agréable à voir et bien sympathique. Pour toute la famille.

SAINTS LOUIS ET ZÉLIE MARTIN. DIEU PREMIER SERVI
DOCUMENTAIRE DE JEAN-CLAUDE ET ANNE DURET
JCD Production & Sanctuaire d’Alençon, 2018, 60 mn
Très beau documentaire sur les parents de la petite Thérèse de Lisieux, Louis et Zélie, qui montre intelligemment, à partir de leur exemple, comment la sainteté est l’affaire de tous et concerne particulièrement la famille, les parents au premier chef. Basé sur de courts passages d’interviews de Mgr Jacques Habert, évêque de Séez, des abbés Jean-Marie Simar et Thierry Hénault-Morel, l’actuel et l’ancien recteur du sanctuaire d’Alençon, d’Alex et Maud Lauriot-Prévost, etc., ce film nous fait progresser, à partir d’une trame chronologique suivant la vie de Louis et Zélie, sur le chemin de la sainteté dans une vie ordinaire.

Signalons deux DVD de films que nous avions présentés lors de leur sortie en salles :
JÉSUS L’ENQUÊTE, FILM DE JON GUNN (1h52, 19,99 €, Saje Distribution) qui raconte l’histoire vraie de la conversion du journaliste américain Lee Strobel, athée revendiqué, confronté à la conversion de sa femme à la suite d’un accident de leur fille. Une argumentation très bien faite (cf. La Nef n°300 Février 2018).
LA PRIÈRE, FILM DE CÉDRIC KAHN (1h43, 17,99 €, Le Pacte) qui raconte le redressement, dans le cadre d’une communauté catholique, d’un jeune homme qui avait été pris dans l’engrenage de la drogue (cf. La Nef n°302 Avril 2018).
Signalons enfin la série monumentale italienne de la fin des années 1990, LA BIBLE dont Saje Distribution sort régulièrement de nouveaux épisodes. Les derniers parus : Salomon (2h57), David (2h57), Samson et Dalila (2h57), Moïse (2h56). Réalisés avec des acteurs prestigieux, ces films sont d’une grande fidélité au texte biblique (chaque DVD à 14,99 €).

Patrick Kervinec

© LA NEF n°307 Octobre 2018

À propos François Maximin

chroniqueur cinéma de La Nef.