Cinéma Mai 2019

Lourdes (8 mai 2019)

Le plan d’ouverture est proprement fantastique : des dizaines de mains, filmées de très près, caressent un rocher duquel rien ne nous est dit (mais qu’avec le titre du film on identifie vite comme le rocher de la grotte de Lourdes). En proposant ce plan magnifique, presque mystique, les deux réalisateurs, Thierry Demaizière et Alban Teurlai, assignent un niveau d’exigence cinématographique qui ne se démentira pas dans la suite. Ils partent à la rencontre des différents pèlerins qui sont rassemblés à Lourdes, des hospitaliers ou des malades, des gitans ou des militaires, des religieux ou des prostituées. N’intervenant pas, les cinéastes font preuve de délicatesse et d’écoute attentive des pèlerins, recueillant leurs prières parfois murmurées et laissant la place à leurs vies, toujours plus ou moins abîmées. On goûte ici, plus évidemment qu’ailleurs, la phrase si consolante du Christ : « Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin de médecin, mais les malades. Je ne suis pas venu appeler les justes, mais les pécheurs » (Mc 2, 17). Les deux réalisateurs ne sont pas croyants et ils n’ont pas eu l’intention de réunir des témoignages de foi. Mais ils savent montrer la foi en acte. C’est particulièrement vrai dans le passage consacré aux piscines de Lourdes. Qui ne voit comment ce bain renouvelle le geste du baptême et baigne l’âme autant que le corps. En laissant honnêtement tourner la caméra, les auteurs ont révélé beaucoup plus qu’« un grand théâtre anthropologique ».

Victor & Célia (24 avril 2019)

Victor décide de monter son propre salon de coiffure et propose à Célia, une « ex » perdue de vue depuis longtemps, de le suivre dans son aventure. Elle veut bien être associée pourvu que cela reste strictement professionnel. Bien vite, au milieu des mille obstacles liés à la création d’une petite entreprise, les sentiments amoureux remontent du passé. Des dix-sept films déjà tournés par Pierre Jolivet, qui, malgré leur qualité évidente, n’ont jamais fait de lui un réalisateur médiatique, on connaît du moins Ma petite entreprise, que la chanson éponyme d’Alain Bashung a contribué à populariser. Cette entreprise, milieu social et cadre de vie, que Jolivet aime tant filmer, est encore le décor de son nouveau film, sous les allures d’un salon de coiffure en chantier. L’idée est venue à Jolivet en parlant avec les deux associés du nouveau salon de coiffure de sa rue, qui lui avaient longuement raconté la difficile création de leur affaire. C’était tout à fait sa matière de prédilection et pour infléchir l’histoire vers la comédie romantique il n’avait qu’à changer les deux coiffeurs pour un coiffeur et une coiffeuse. Face à l’enthousiasme de Victor, qui trouve des solutions à tout, fussent-elles mauvaises, on a le sérieux et la réflexion de Célia qui garde toujours les pieds sur terre. Ce mélange de feu et d’eau, loin d’être contradictoire, produit un excellent mélange qui donne au film tout son éclat et sa vivacité.

François Maximin

BERNADETTE DE LOURDES
MUSIQUE DE GRÉGOIRE BOISSENOT

Saje Distribution, 2019, 14 titres, 14,99 €
Ce CD est la bande musicale du spectacle Bernadette de Lourdes qui sera donné dans la cité mariale à l’Espace Robert Hossein à partir du 1er juillet 2019 (on peut réserver sa place dès maintenant sur www.bernadettedelourdes.fr). Soyons francs : nous sommes a priori peu adeptes de ce genre de comédie musicale ! Or, l’écoute de ce CD est une heureuse surprise avec des chants de qualité interprétés par des artistes de grand talent aux voix marquantes et bien distinctes : Eyma dans le rôle de Bernadette, Sarah Caillibot dans celui de sa mère, Christophe Héraut dans celui de l’abbé Peyramale…
Découvrez cet excellent CD, il vous donnera peut-être l’envie d’assister au spectacle de Lourdes cet été…

Patrick Kervinec

© LA NEF n°314 Mai 2019

À propos François Maximin

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chroniqueur cinéma de La Nef.