Liberté d’expression ?

«Ô liberté, que de crimes on commet en ton nom ! » On le sait, ce fut le dernier cri qu’aurait lancé la célèbre Girondine Madame Roland, montée sur l’échafaud, tournée vers la statue de la liberté qui ornait alors la place de la Révolution (place de la Concorde à partir de 1795). Avant de périr guillotinée, elle répondait ainsi à son ennemi juré, Danton qui, avec les Jacobins et les Montagnards de la Convention, clamait alors « pas de liberté pour les ennemis de la liberté ».
Aujourd’hui, c’est plus précisément sur la liberté d’expression que l’on peut observer des contradictions analogues. L’AGRIF (1) en est un lieu privilégié d’observation.
D’une part, l’évolution, depuis la loi Pleven de 1972 dite antiraciste, a inscrit dans les textes, avec notamment la loi Rocard-Gayssot, tout un arsenal de répression contre tout propos de mise en cause en raison de l’appartenance à une race, à une nation, à une religion, à une orientation sexuelle… En fait, toutes les appartenances ont été en quelque sorte « racialisées », la loi étendant les notions de racisme et d’antiracisme à des catégories totalement étrangères à celle de l’appartenance raciale.
Le comique dans cela, si l’on peut dire, c’est que, simultanément, les idéologies de la gauche exigent la suppression même du mot de « race ». Comme si l’abolition du mot abolissait la réalité ! Comment alors peuvent-ils dénoncer le racisme puisque la race n’existe pas ? Or, c’est particulièrement sur ce qui relève du racisme ou du soi-disant racisme, ou de l’antiracisme, ou du soi-disant antiracisme, que la liberté d’expression se heurte au carcan de la police de la pensée, ou bien, peut devenir une liberté illimitée de dérision, d’exécration, d’excrémentation.
Ainsi, il n’est guère de jour où le moindre propos réaliste, appuyé sur des faits indubitables, d’un Éric Zemmour ne soit commenté par la bien-pensance de gauche comme débordant les limites de la liberté d’expression. Combien de propos de simple observation de la réalité actuelle ou historique de l’islam ne sont-ils pas taxés « d’islamophobie » ?
Concept en soi absurde puisque la phobie ne relève pas de l’idéologie mais de la psychiatrie ! Mais il est vrai que depuis les hôpitaux « psychiatriques » de l’URSS, l’imputation de « phobie » peut être utilisée à des fins répressives.
En revanche, lorsque Charlie-Hebdo fait sa couverture de la plus ignoble, la plus hallucinante composition d’obscénité sur le visage du Christ, alors toute la conformiste faune de la pornocratie blasphématoire s’indignera de ce que l’on puisse considérer cela comme une pure excrémentation d’un racisme simultanément anti-chrétien et anti-humain et porter cela devant la justice.
Liberté d’expression ! Liberté de création ! Liberté d’exécration ! scanderont-ils. Mais l’honneur de l’AGRIF, pour l’honneur des chrétiens, pour l’honneur des humains, est de ne pas accepter. De même, lorsque le rappeur Saïdou appelle au viol de la France, de même lorsque le rappeur Nick Conrad appelle à pendre les Blancs, appelle au viol des femmes blanches, appelle à défoncer les petites filles, à tuer les bébés blancs dans les crèches, avec un luxe de détails sadiques, le chœur idéologique de la liberté de « création » se met en place. Nous n’acceptons pas cela et demandons que soient condamnés ces déferlements de haine raciste.

L’action de l’AGRIF
Et heureusement, il n’est pas toujours des tribunaux pour nous débouter. Car il y a encore des magistrats pour refuser de se plier au conformisme idéologique mensonger selon lequel il n’y aurait de racisme que du fait des Blancs ; pour ne pas accepter la baliverne selon laquelle les abominations qu’un Nick Conrad appelle à perpétrer contre les Blancs ne seraient que la manifestation artistique d’un légitime désir refoulé de vengeance noire bien compréhensible mais sans influence sur la réalité ; et que ce serait même la plus légitime libre expression d’un antiracisme militant !
Belle preuve en fait de ce que, selon la formule que l’AGRIF développe devant les tribunaux, par exemple face à une Houria Bouteldja ou à son conseiller Saïd Bouamama, l’idéologie de l’antiracisme s’est muée en « un racisme en sens con­traire ».
Certains confondent aujourd’hui la liberté d’expression de ce soi-disant antiracisme avec la liberté d’exécration, avec le libre cours à l’injure et à la haine que, jusqu’ici, la justice réprimait, à la lumière de la bonne loi sur la presse de 1881 sur l’injure et la diffamation.
D’autres, en revanche, parfois les mêmes, s’emploient à traquer, dénoncer et vouloir interdire comme islamophobes les analyses de l’archéo-totalitarisme de la charia. Ainsi s’est développée la nouvelle inquisition de l’antiracisme et de l’islamophilie obligatoires.
Alors, quand on en est là, oui, il y a menace sur l’authentique liberté d’expression. Sa défense est aussi une des lignes de combats que nous menons à l’AGRIF avec notre avocat Jérôme Triomphe.

Bernard Antony

(1) Alliance Générale contre le Racisme et pour le Respect de l’Identité Française et chrétienne : http://www.lagrif.fr/

© LA NEF n°320 Décembre 2019

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