Cinéma Janvier 2021

Virgin River (Série Netflix, 2 saisons)

Recrutée par petite annonce, Mel se présente comme infirmière dans la petite ville reculée de Virgin River, au nord de la Californie. Quittant Los Angeles elle cherche à oublier de douloureux souvenirs et espère pouvoir commencer ici une vie nouvelle. Mais il faut s’habituer aux façons de penser et de faire d’une petite ville. Son patron médecin, par exemple, ne veut pas d’elle. Heureusement, celui du bar, Jack, est plus qu’accueillant, prévenant.
Cette belle série peut être classée comme comédie romantique. Mais alors que, le plus souvent, l’amour est compliqué par toute sorte d’obstacles, souvent mis par les amoureux eux-mêmes à cause de leur moralité flexible, dans Virgin River, l’amour de Mel et de Jack, qui ne dit pas son nom, ignore ces médiocrités. Ce sont, au grand plaisir des spectateurs, des êtres d’une réelle droiture, appliqués à respecter les autres et à se respecter eux-mêmes. Si Jack se montre prévenant envers Mel, ce n’est pas pour faire le galant mais pour l’aider dans sa nouvelle vie. Quand Mel croit avoir une rivale, elle s’efface d’instinct. Tous deux ont un passé douloureux qui donne un prix particulier aux élans nouveaux qui les portent. Les intrigues secondaires montrent encore le beau caractère des héros : Mel qui recueille un bébé abandonné, Jack affrontant des fabricants de drogue armés… toutes ces attitudes, parmi d’autres, commandent invinciblement la sympathie pour les personnages. D’autant que les acteurs, Alexandra Breckenridge et Martin Henderson, ont une beauté et un charme simples qui font d’emblée désirer de les avoir comme amis.

Poldark (Série Netflix & DVD, 5 saisons)

À la fin du xviiie siècle, Ross Poldark revient de la guerre d’Indépendance américaine, en Cornouailles. Il veut retrouver sa bien-aimée, mais celle-ci, qui le croyait mort, est fiancée à un cousin. Ross trouve un monde en ruine : son père mort et la mine familiale fermée, il n’hérite que de dettes. Peu soucieux des convenances, il prend sous son aile une fille perdue, habillée en garçon, qu’il engage comme aide cuisinière, pour finalement l’épouser. Il lutte ensuite pour aider les ouvriers, en rouvrant la mine de cuivre dont il a hérité, mais il est la cible de l’arrogant et avide George Warleggan.
Poldark, série plébiscitée de Debbie Horsfield, est justement de qualité, ce qui se voit d’abord à la beauté de ses images. Sur ce beau décor se croisent de beaux caractères, fortement interprétés, et la noblesse un peu sauvage de Ross, secondée par le caractère nature de sa femme, fait un superbe pendant avec la beauté aristocratique de son ancienne bien aimée. Entre ces personnages, modernes puisqu’écrits par Winston Graham entre 1945 et 2002, mais renouant avec le pur romantisme anglais, circulent des sentiments élevés qui dessinent un vibrant romanesque (Hélas ! dès la saison 2, les choses tournent plus mal).

François Maximin

© LA NEF n°332 Janvier 2021

À propos François Maximin

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chroniqueur cinéma de La Nef.