Cinéma / DVD Septembre 2021

Sainte Rita*

Vers la fin du XIVe siècle, à Cascia, en Ombrie, Rita (Margherita) tombe amoureuse de Paolo Mancini, un chevalier. Ils se marient mais elle découvre la nature violente de son époux : dans l’aristocratie, fière, tout se règle par la vendetta. Rita puise dans sa foi profonde la force qui amènera son mari à renoncer à sa haine. Elle fait si bien que Paolo se convertit. Il leur naît deux beaux jumeaux. Rita mène enfin une vie heureuse mais un jour son monde bascule. Elle entre alors chez les religieuses augustines où elle s’élève à une haute sainteté, jusqu’à recevoir du Christ le stigmate d’une épine sur le front. Elle arrivera à obtenir l’impossible : la paix entre les grandes familles, grâce au pardon.
Ce film a le charme des vies de saints de la collection « Belles Histoires Belles Vies ». Un charme évidemment rehaussé par la force des images de cinéma qui apportent le souffle de la vie. Le réalisateur de ce biopic, connu pour Le Bon Pape Jean XXIII (2002) et Callas et Onassis (2005), rend brillamment l’atmosphère raffinée et brutale de la Renaissance italienne dans la veine des réalisations de Zeffirelli ou de Pasolini. Dans ces décors, de cité grouillante ou de campagne édénique, le personnage de Rita captive. Le beau visage de Vittoria Belvedere, qui a gardé quelque chose de l’enfance, est la porte pour entrer dans sa vie intérieure, qui n’est pas détaillée mais dont on sent la lumière. Le film n’assène pas de vérités, mais il permet à la grâce d’infuser par les images et laisse l’âme comme la souhaitait Rita : en paix.

Infidel*

Inspiré d’une histoire vraie, Infidel narre le kidnapping de Doug Rawlins, blogueur chrétien américain : ce dernier, invité à une conférence à l’université El-Azar du Caire, expose sa foi à la télévision, provoquant l’indignation du monde musulman. Il est aussitôt enlevé par des islamistes, emmené d’abord au Liban puis en Iran où il est torturé – on cherche à le faire abjurer sa foi – et finalement accusé d’espionnage par les autorités iraniennes qui vont le juger dans un procès truqué où il risque la mort. Sa femme, Liz, fonctionnaire au département d’État, s’envole pour Téhéran, décidée à tout faire pour le libérer.
Ce film de l’Américain Cyrus Nowrasteh, déjà auteur d’un romanesque mais très religieux Le jeune Messie, sur l’enfance du Christ, est une œuvre sobre mais puissante, portée par la figure charismatique de Jim Caviezel (le Jésus de Mel Gibson dans La Passion) dans le rôle de Doug, chrétien à la foi tenace et au courage intrépide. Son épouse (excellente Claudia Karvan) compose également un beau personnage, prête à tout pour sauver son mari. Ce film dévoile aussi l’existence et l’héroïsme de la petite minorité des chrétiens iraniens. Sans pathos, ce film efficace et bien mené dit les choses et les dit bien sans souci du politiquement correct. À voir sans hésiter.

François Maximin

*En DVD (Saje Distribution) ou en VAD sur Le film chrétien.

© LA NEF n°339 Septembre 2021

À propos François Maximin

chroniqueur cinéma de La Nef.