Cinéma Décembre 2021

Encanto (24 novembre 2021)

En Colombie la famille Madrigal jouit des faveurs d’une bougie magique. Chaque membre de la famille est doté d’un don extraordinaire, jusqu’au petit dernier, métis. Seule de toute la famille, Mirabel, la petite adolescente à lunettes, n’a pas de don. Malgré son infortune, elle déborde de gentillesse et de joie de vivre.
Les Madrigal habitent une maison magique, elle aussi, leur « Casita », mais quand la bougie s’éteint la maison se démolit. Mirabel sent que c’est à elle, l’exception qui n’a rien d’exceptionnel, de réparer la maison en sauvant la magie.
Va-t-on pouvoir retrouver le plaisir de se presser en famille au rituel Disney de Noël ? Ces dernières années les allusions des Disney à la théorie du genre et au wokisme avaient gâché ce plaisir. Rien de tel ici. Pas de wokisme donc, mais au milieu des manifestations magiques une attention au réel attendrissante. Mirabel n’est nullement la nouvelle princesse Disney mais, avec ses lunettes et sa bouille ronde, un personnage très humain, attachante comme tout et débordante de bonne volonté. Ces trésors intérieurs se reflètent à l’extérieur dans une prodigalité de formes, de couleurs et de notes d’humour comme on n’en avait jamais vu dans un dessin animé. Éblouissant.

Saint Antoine de Padoue (DVD Saje Distribution)

Saint Antoine de Padoue est très populaire mais sa vie est mal connue. Cet enfant portugais, né Fernando Martins de Bulhões dans une famille noble de militaires, décide à 15 ans, contre la volonté de son père, d’entrer chez les chanoines de saint Augustin. Celui qui s’appelle désormais Antoine, par dévotion au saint ermite, passe du rang d’hidalgo à celui d’humble frère, disciple de saint François. Il défend l’Église par la parole, avec une force de persuasion admirable, nourrie de profondes connaissances théologiques et scripturaires. Il combat les hérésies mais aussi l’orgueil et l’usure des grands. Il rassemble autour de lui d’autres frères et quand il meurt, à seulement 36 ans, le prestige de son œuvre s’étend à toute l’Europe. Il est canonisé au bout de onze mois, le procès le plus rapide de l’histoire.
Le distributeur chrétien Saje propose cette nouvelle vie de saint, venue d’Italie où l’hagiographie de cinéma a maintenant sa taille adulte. On ne porte pas moins de soin à la qualité cinématographique qu’à la documentation historique et à la profondeur spirituelle. La nécessaire dramatisation fait que le réalisateur Umberto Marino centre le récit sur trois personnages, Antoine, un seigneur arrogant et un disciple fidèle du saint, dont la présence offre l’occasion au franciscain de faire connaître sa vie intérieure. On ne voit pas tout le surnaturel qui entoure la vie du saint mais au moins le miracle de la soupe empoisonnée, qu’Antoine mange sans crainte et sans dommage, conformément à la promesse du Christ. C’est saisissant.

François Maximin

© LA NEF n°342 Décembre 2021

À propos François Maximin

chroniqueur cinéma de La Nef.