Cinéma octobre 2022

Jack Mimoun et les secrets de Val Verde (12 octobre 2022)

Jack Mimoun (Malik Bentalha) a survécu seul sur l’île impénétrable de Val Verde. Le livre racontant ses exploits est un best-seller et son émission de télévision bat tous les records. Il est devenu une star de l’aventure et c’est pour cela qu’il est abordé par la belle et mystérieuse Aurélie Diaz (Joséphine Japy) qui voudrait que Jack l’emmène à Val Verde où son père a disparu. Elle veut rechercher ce que poursuivait ce dernier : l’épée légendaire du pirate La Buse. Deux hommes les accompagnent : Bruno Quézac (Jérôme Commandeur), le manager de Jack, et Jean-Marc Bastos (François Damiens), un mercenaire barjot.
Aventure et comique, c’est la paire gagnante de maint succès au cinéma, comme les meilleurs Bébel ou Les Aventuriers de Patrice Leconte. Jack Mimoun n’affiche pas d’exploits aussi spectaculaires que ceux-là mais pour le comique il n’a guère de rivaux. C’est une nouvelle génération d’humoristes qui monte au créneau (Commandeur, Damiens, Bentalha), nourris au petit écran, et à la vis comica fringante. Sur la trame, assez artificielle, d’une chasse au trésor dans la jungle, le film est surtout une enfilade de perles de rire où les acteurs brillent à qui mieux mieux dans une « battle » de bons mots. Aussi drôles que les mots sont les expressions et mimiques, et tous, y compris la jolie Joséphine Japy, s’y livrent avec succès ; mais la palme revient à Jérôme Commandeur, prince de la fine mimique désopilante et bien sûr François Damiens, imbattable dans tous les registres du rire.

Yuku et la Fleur de l’Himalaya (19 octobre 2022)

Si vous avez des petits enfants à divertir, à partir de quatre ans, voilà sans doute le meilleur dessin animé du moment à leur proposer. C’est le premier « long » (1h05) métrage d’un spécialiste belge de l’animation pour enfants, Arnaud Demuynck. Il connaît leur capacité d’attention, leur goût pour la répétition et leur sensibilité musicale.
Yuku vit avec sa grande famille dans les sous-sols d’un château. Sa mère voudrait la voir récolter des vivres mais elle écoute plutôt sa grand-mère qui l’invite à reprendre son flambeau en devenant la nouvelle conteuse de la famille. Au fil du récit et des histoires successives, c’est sa propre histoire que Yuku va tisser au gré de ses rencontres, avec les corbeaux, l’écureuil, le renard ou le loup. Chaque rencontre est ponctuée par une chanson de Yuku, excellente musicienne qui amadoue les auditeurs avec son yukulélé. Elle n’oublie pas sa quête, qui fait l’arc dramatique de l’histoire, la Fleur de l’Himalaya qui permettra à sa grand-mère de suivre la petite taupe aveugle. Il n’est pas certain que cette allégorie de la mort, trop innocente pour être correcte, soit la bonne façon, de parler de la mort à des enfants, mais la bonne intention n’est pas niable. Et par la grâce des dessins et le charme des chansons, les adultes auront autant à aimer que les enfants.

François Maximin

© LA NEF n°351 Octobre 2022

À propos François Maximin

chroniqueur cinéma de La Nef.