Sauver la rue de Valois ? Relancer la politique culturelle, de Charles Personnaz et Emmanuel Pénicaut

Emmanuel Pénicaut est conservateur en chef du patrimoine, Charles Personnaz est administrateur civil. Le duo a déjà publié un livre remarqué, L’Histoire de France ne passera pas ! en 2014, chez Bourin. Avec cet essai consacré à la « rue de Valois », à la politique du ministère de la Culture, les auteurs s’interrogent sur ce que l’institution autrefois emmenée par un Malraux est devenue. Ici, comme ailleurs, la transmission des fondamentaux manque. Tout comme la préservation. Obsession du Moderne, de la communication, idéologie, tout cela a gagné un ministère dont ce n’est pas la vocation première. Repenser les missions du ministère de la Culture, définies à l’époque du Front Populaire, est donc nécessaire. Comme repenser ce que le mot « culture » signifie. Un travail de la pensée sans lequel il ne saurait y avoir de ministère. Le sentiment d’une absence du ministère de la Culture est depuis de longues années prégnant. L’avenir dira si la nomination de Françoise Nyssen, patronne des éditions Actes Sud, change la donne. Cela paraît répondre à une demande des auteurs, celle d’un ministre qui soit une personne de « culture, d’autorité et de parole ». Ils fournissent un véritable vade-mecum avec Sauver la rue de Valois ?, analysant l’ensemble des problèmes posés, du rôle de l’État au sens du mot « culture », en passant par la notion de « crise de la culture » ou la hiérarchisation des choix à faire. En ce domaine, les priorités sont la préservation, la transmission, l’excellence. La remise en ordre d’un ministère de la Culture passe aussi par la redéfinition de son « périmètre ». En conclusion, Personnaz et Pénicaut font 15 propositions concrètes « pour une nouvelle politique publique en faveur de la culture ». F.-X. Bellamy le rappelle en préface : ce ministère doit retrouver une place stratégique car la culture est essentielle au Bien commun.

Matthieu Baumier

Sauver la rue de Valois ? Relancer la politique culturelle, de Charles Personnaz et Emmanuel Pénicaut, préface de François-Xavier Bellamy, Lemieux éditeur, 150 pages, 2017, 12 €.

© LA NEF n°300 Février 2018

À propos Matthieu Baumier

Auteur d'essais, L’Anti Traité d’Athéologie (Presses de la Renaissance, 2005), La démocratie totalitaire (Presses de la Renaissance, 2007) et de romans, Les apôtres du néant (Flammarion, 2002), Le manuscrit Louise B (Les Belles Lettres, 2005). Collaborateur de La Nef, il écrit également dans diverses revues, dont Causeur, La revue Littéraire ou L'Incorrect. Il est aussi poète (Le Silence des pierres, Le Nouvel Athanor, 2013).