La Nef a 30 ans : Deo gratias !

ÉDITORIAL

Au moment où j’écris, en cette période de confinement, les catholiques sont toujours interdits de messe – j’espère que ce ne sera plus le cas lorsque vous me lirez ! C’est l’occasion de rendre hommage à tous ceux, des simples fidèles aux évêques, qui se démènent et manifestent à contre-courant pour le rétablissement de la liberté fondamentale du culte, l’Eucharistie étant pour un catholique essentielle à sa vie spirituelle, alors que nos gouvernants (et certains catholiques aussi, hélas !) la jugent secondaire, en tout cas moins nécessaire et plus dangereuse que d’aller chez Darty ou Jardiland.

Certes, on comprend qu’il faille lutter contre une épidémie qui est bien réelle, et l’on serait prêt à beaucoup pardonner à nos gouvernants qui ont été confrontés en début d’année à une situation sanitaire inquiétante et déstabilisante. Mais tout se passe comme s’ils n’avaient tiré aucune leçon de la première vague, rien appris des pays qui s’en sortent mieux et, surtout, ils demeurent totalement rivés à une vision purement physiologique de la vie humaine en demeurant totalement sourds à toute critique, ne jouant que sur la peur et la culpabilisation, en infantilisant la population à un degré inouï – le fait de devoir produire une attestation pour marcher dans un rayon de 1 km autour de chez soi est quand même ubuesque, comment une telle absurdité ne soulève-t-elle pas un tollé général ? – pour mieux con­fisquer des libertés fondamentales. Ainsi, n’ont-ils jamais mis dans la balance les maux générés par le confinement, alors que leurs conséquences sont dramatiques à bien des égards, le remède s’avérant sans doute pire que le mal : misère, chômage, solitude, angoisse, dépression, distanciation sociale, dérèglement psychologique…

Tout cela révèle une conception de l’homme affreusement réductrice et matérialiste, chacun d’entre nous devant se plier aveuglément à des injonctions sanitaires liberticides, décidées sans concertation ni débat, alors même qu’elles sont loin de faire l’unanimité dans le « monde scientifique » ! C’est cela le plus scandaleux, plus encore que les mensonges grossiers du gouvernement ou son incompétence manifeste qui l’oblige à utiliser un bazooka pour tuer un moucheron.

Une entreprise artisanale

Mais laissons là cette triste actualité pour en venir à des choses plus agréables, ce n’est pas tous les jours, en effet, qu’une publication peut fêter son trentième anniversaire. Et la première chose qui me vient en tête, en songeant à cet événement, est d’être dans l’action de grâce, avec une pensée toute particulière pour tous nos collaborateurs, d’hier et d’aujourd’hui, et nos fidèles lecteurs et bienfaiteurs sans lesquels cette belle aventure n’aurait pu se poursuivre si longtemps.

La Nef a toujours été une toute petite entreprise artisanale, sans soutien extérieur, vivant essentiellement des abonnements de ses lecteurs (la vente au numéro dans quelques librairies étant marginale, faute de temps pour développer ce pôle d’activité). En effet, les abonnements représentent 83 % de nos ressources, le reste provenant des dons (11 %) et de la publicité (6 %). C’est dire si les abonnements sont absolument vitaux : c’est pourquoi nous comptons sur vous, non seulement pour vous réabonner rapidement quand vous recevez la première relance (ou en passant au prélèvement automatique), sans attendre la seconde, mais surtout en faisant connaître La Nef autour de vous et en abonnant des personnes ciblées grâce aux offres promotionnelles permanentes que nous mettons à votre disposition à cet effet (1). Nous n’avons ni les moyens ni le temps d’organiser de vastes prospections, vous êtes donc et demeurez nos principaux militants pour développer notre lectorat.

Si les abonnements sont vitaux, les dons le sont tout autant, surtout en cette période de fin d’année. Pourquoi ? Parce que sans les dons, nous n’atteindrions pas l’équilibre financier. Cela signifie qu’avec le nombre d’abonnés que nous avons actuellement, nous avons un déficit structurel qui n’est comblé que grâce aux dons. Sans les dons, La Nef n’existerait plus, telle est la réalité.

Je n’ai jamais cru que La Nef fût indispensable – ne sommes-nous pas les « serviteurs inutiles » de l’Évangile (cf. Lc 17, 10) ? –, j’espère cependant que nous remplissons une tâche certes modeste mais profitable à ceux qui nous lisent. Si vous le pensez, alors donnez-nous les moyens de poursuivre l’aventure ensemble.

Merci pour votre fidélité et saint Noël à tous.

Christophe Geffroy

(1) Cf. nos abonnements-découvertes de 5 numéros pour 36 € (papier), 27 € (numérique) et 42 € (papier et numérique). Offres accessibles sur notre site internet : ici.

© LA NEF n°331 Décembre 2020